17 et 18 avril 2009 Université de Montréal
salle 1035, Pavillion J-Armand Bombardier
5155 ave Decelles (carte)
vendredi 8h30-19h00, samedi 10h00-16h30
Cet événement est une colaboration de Média@McGill avec le Centre de recherche en éthique de l'Université de Montréal.
Le programme est maintenant disponible.
Les institutions médiatiques sont des instruments essentiels de la démocratie, mais elles sont aussi des entreprises ou des acteurs dans les marchés économiques. Une grande part des reproches adressés aux médias d’information met en lumière la tension animant ces deux rôles. Les exemples abondent : la fermeture du service des nouvelles de la chaine TQS, la politique de l’empire médiatique CanWest d’imposer un éditorial unique aux journaux de la chaîne, ou ce qu’on qualifie parfois de peoplelisation des médias français ont suscité ce type de reproche. Ces exemples semblent en effet contredire le rôle démocratique des institutions médiatiques ainsi que leurs responsabilités en la matière, qui consiste à produire de l’information de qualité, de jouer un rôle de « chien de garde », d’améliorer la qualité du débat public et de contribuer à la vitalité démocratique. Or, en tant qu’entreprise privée, les médias ont aussi la responsabilité de faire des profits, ce qui les pousse à traiter l’information comme un produit commercial. Ce second rôle semble plus accommodant face aux exemples cités. Par conséquent, ces deux types de responsabilités ne sont-ils pas contradictoires? Dit autrement : est-ce que la nature économique des institutions médiatiques les amène à fournir de l’information de plus grande qualité ou plus d’information de moins bonne qualité? Le but de cet atelier consiste à partir de travaux récents en éthique des affaires afin de répondre à ces différentes questions. Plus particulièrement, nous voulons essayer de rendre compte de la nature adversative du milieu dans lequel évoluent les journalistes. Bien que cette perspective adversative soit fréquemment utilisée dans les travaux issus de l’éthique des affaires, elle n’a jamais été appliquée de façon systématique à l’analyse des rôles et responsabilités des médias. Avec notre atelier, le problème se pose donc d’une manière inédite : la pression pour produire et la logique de compétition au cœur des entreprises médiatiques entrent- elles en conflit avec leurs rôles et responsabilités?
