Sound, Vision, Action

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Sound, Vision, Action réunit les pratiques interdisciplinaires de la culture visuelle et des études sonores, tout en les mettant en dialogue direct autour de questions de pouvoir et de politique.

 

Le colloque, qui s’est déroulé en anglais, est gratuit et ouvert au plublic. Il a été enregistré et diffusé en direct sur le Web. Les vidéos du colloque sont maintenant disponibles.

 

(Pour consulter les vidéos vous aurez besoin d’utiliser le logiciel Microsoft Silverlight. Pour celles et ceux qui utilisent le système d’exploitation Linux, voir les instructions).

 

DESCRIPTIF

Nous vivons aujourd’hui à une époque de saturation visuelle et sonore sans précédent. Bien que philosophes, artistes, critiques et censeurs aient toujours insisté sur la puissance des sons et des images et des sens qui leur sont liés, les cinquante dernières années ont vu un changement majeur dans notre discours, les intellectuels proposant systématiquement une compréhension moderne des relations de pouvoir en fonction du voir et de l’entendre, des sons et des images. Par exemple, les figures du panoptique et du confessionnal, telles que décrites par Michel Foucault (Foucault 1977, 1978), ont montré comment les relations du voir et de l’être vu, de l’entendre et de l’être entendu, sont intimement liées aux formes modernes du pouvoir ; Laura Mulvey (Mulvey 1975) a analysé le regard comme une façon d’expliquer la domination masculine; et chez Jacques Derrida, le concept de la métaphysique de la présence (Derrida, 1976) a placé les fantasmes concernant la voix et l’écoute au centre de la pensée occidentale. Les écrivains et les praticiens qui leur ont emboîté le pas ont développé ces questions en les étendant à de nouvelles disciplines, notamment le colonialisme (Tomlinson 2007; Mirzoeff 2011), les médias (Kittler 1985; Crary 2001), la science et la technologie (Galison 1994; Canales 2009), l’historiographie (Smith 2008), et la performance (Carter 1992; Auslander 1999). Ils ont également inventé de nouveaux termes, tels que « visualité » et « culture visuelle » pour décrire à la fois les systèmes du voir et de l’être vu, les images et leurs modes de production et de circulation, et les domaines de relations plus larges dans lesquels tout cela est intégré (Mirzoeff 2009; Jones 2010; Mirzoeff 2012). Les spécialistes du son ont emboîté le pas avec des termes comme « auralité » et « culture sonore » (Bull et Back 2003; Hilmes 2005; Pinch et Bijsterveld 2011; Sterne 2012; Born 2013).

Aujourd’hui, il est temps de réévaluer ces tendances. Alors que la dernière génération de philosophes écrivait dans un contexte marqué par les divers bouleversements politiques de 1968 (Foucault et Deleuze, 1977), nos conceptions du pouvoir doivent donner un sens aux divers soulèvements et transformations de la dernière décennie, associée aux processus de la mondialisation (Hardt et Negri, 2005). Tandis que les écrivains post-1968 concevaient le voir et l’entendre dans un monde rempli de téléviseurs, des films, de disques et de journaux (Hall, 1980), nous sommes confrontés aujourd’hui à un torrent sans précédent d’images et de sons venant de toutes les directions. Là où ils vivaient dans un monde où les images et les sons étaient produits dans des contextes radicalement différents, avec des ensembles de compétences radicalement différents, nous vivons dans un monde de convergence et d’interpénétration esthétique. S’ils s’inquiétaient de l’accès aux moyens de production médiatique, celui-ci nous est aujourd’hui largement ouvert, et nous devons tenir compte de la disparition progressive des frontières entre production, circulation et consommation. Nous nous inquiétons à présent de l’accès aux moyens de circulation et de leurs conséquences – de l’usage des médias sociaux tant par les gouvernements que par les militants, à l’appropriation et la remise en circulation généralisées des images et des sons existants; de la nouvelle capacité des chercheurs à produire et à diffuser des savoirs visuels et acoustiques élaborés; et des nouvelles formes machiniques du voir et de l’entendre (Terranova 2004; Sinnreich 2010; Svensson 2012; boyd et Crawford 2012).

À la suite de leurs prédécesseurs philosophiques, les études sonores et la culture visuelle se sont concentrées sur une modalité unique – visualité, auralité – comme voie vers l’analyse culturelle. Au cours des dernières années, les recherches sur la visualité et l’auralité ont produit des rencontres très fertiles avec des tendances comme le nouveau matérialisme (Goodman 2010; Chun 2011), et l’appropriation par les humanistes des nouveaux travaux en neurosciences (Hansen 2006). Bien que ces développements soient très prometteurs sur le plan intellectuel, ils ont tendance à contourner les questions de pouvoir et de politique. Nous n’avons connaissance d’aucune conférence ou collection d’importance qui mette en dialogue direct les recherches contemporaines en études sonores et culture visuelle dans cette perspective. Sound, Vision, Action vise donc à fournir une plate-forme pour entamer cette discussion, mais également à ramener les deux disciplines aux questions de pouvoir qui les ont d’abord orientées. Dans le contexte des réalités politiques, techniques, médiatiques et culturelles contemporaines, Sound, Vision, Action interroge la signification même de nos sens les plus saturés, des performances et rencontres en face-à-face, aux expériences partagées à distance et aux pratiques machiniques auxquelles les utilisateurs délèguent leurs sens.

Suivant l’accent mis par Media@McGill sur Media, the Senses and Sensibilities en 2014-2015, le colloque Sound, Vision, Action traite de l’histoire, des problèmes et des possibilités des sons et des images : par exemple, comment leur circulation à partir de lieux éloignés peut favoriser les connexions entre les personnes ou attiser les conflits; comment l’entendre et le voir sont impliqués dans la surveillance et les autres formes plus subtiles du pouvoir; et comment les nouveaux développements de l’art, l’activisme, l’informatique, la musique, la performance et la pratique historique contribuent à transformer nos cultures sonores et visuelles de façon nouvelle et productive.

Réunissant les pratiques interdisciplinaires de la culture visuelle et des études sonores, tout en les mettant en relation avec des disciplines comme la science et la technologie, l’histoire, la littérature, la musique, l’art et les études médiatiques, Sound, Vision, Action examine les relations entre diverses technologies et techniques qui façonnent le torrent d’images et de sons qui nous entourent, ainsi que les pratiques quotidiennes du voir et de l’entendre à travers lesquelles les gens font prise avec le monde.

 


Auslander, Philip. 1999. Liveness: Performance in a Mediatized Culture. New York: Routledge.

Born, Georgina. 2013. Music, Sound and Space: Transformations of Public and Private Experience. Cambridge: Cambridge University Press.

boyd, danah, and Kate Crawford. 2012. “Critical Questions for Big Data.” Information, Communication & Society no. 15 (5): 662-679.

Bull, Michael, and Les Back. 2003. The Auditory Culture Reader. New York: Berg.

Canales, Jimena. 2009. A Tenth of a Second: A History. Chicago: University of Chicago Press.

Carter, Paul. 1992. The Sound In-Between: Voice, Space, Performance. Kensington: New South Wales University Press.

Chun, Wendy Hui Kyong. 2011. Programmed Visions: Software and Memory. Cambridge: MIT Press.

Crary, Jonathan. 2001. Suspensions of Perception: Attention, Spectacle and Modern Culture. Cambridge: October Books.

Derrida, Jacques. 1976. Of Grammatology. Translated by Gayatri Chakravorty Spivak. Baltimore: The Johns Hopkins University Press.

Foucault, Michel. 1977. Discipline and Punish: The Birth of the Prison. Translated by Alan Sheridan. New York: Vintage Books.

———. 1978. The History of Sexuality, Volume 1: An Introduction. Translated by Robert Hurley. New York: Vintage Books.

Foucault, Michel, and Gilles Deleuze. 1977. “Intellectuals and Power: An Interview.” In Language, Counter-Memory, Practice: Selected Essays and Interviews, edited by D.F. Bouchard, 205-217. Ithaca: Cornell University Press.

Galison, Peter. 1994. “The Ontology of the Enemy: Norbert Wiener and the Cybernetic Vision.” Critical Inquiry no. 21 (2):228-266.

Goodman, Steve. 2010. Sonic Warfare: Sound, Affect and the Ecology of Fear. Cambridge: MIT Press.

Hall, Stuart. 1980. “Encoding/Decoding.” In Culture, Media, Language: Working Papers in Cultural Studies 1972-9, edited by Stuart Hall, Dorothy Hobson, Andrew Lowe, and Paul Willis, 128-138. London: Hutchinson.

Hansen, Mark B. N. 2006. Bodies in Code: Interfaces with Digital Media. New York: Routledge.

Hardt, Michael, and Antonio Negri. 2005. Multitude: War and Democracy in the Age of Empire. New York: Penguin Books.

Hilmes, Michelle. 2005. “Is There a Field Called Sound Culture Studies? And Does It Matter?” American Quarterly no. 57 (1):249-259.

Jones, Amelia. 2010. The Feminism and Visual Culture Reader. New York: Routledge.

Kittler, Friedrich. 1985. Discourse Networks, 1800/1900. Translated by Michael Metteer and Cris Cullens. Stanford: Stanford University Press.

Mirzoeff, Nicholas. 2009. An Introduction to Visual Culture. New York: Routledge.

———. 2011. The Right To Look: A Counterhistory of Visuality. Durham: Duke University Press.

———. 2012. The Visual Culture Reader. New York: Routledge.

Mulvey, Laura. 1975. “Visual Pleasure and Narrative Cinema.” Screen no. 16 (3):6-18.

Pinch, Trevor, and Karin Bijsterveld. 2011. The Oxford Handbook of Sound Studies. New York: Oxford University Press.

Sinnreich, Aram. 2010. Mashed Up: Music, Technology and the Rise of Configurable Culture. Amherst: University of Massachusetts Press.

Sterne, Jonathan. 2012. MP3: The Meaning of a Format. Durham: Duke University Press.

———. 2012. The Sound Studies Reader. New York: Routledge.

Svensson, Patrik. 2012. “Envisioning the Digital Humanities.” Digital Humanities Quarterly no. 6 (1).

Terranova, Tiziana. 2004. Network Culture: Politics for the Information Age. London: Pluto Press.

Tomlinson, Gary. 2007. The Singing of the New World: Indigenous Voices in the Era of European Contact. Cambridge: Cambridge University Press.

 

Programme

Vendredi le 14 novembre 2014


9:15-9:30: Introduction (Sterne, Mirzoeff)
9:30-11:00: Surveillance (Kaplan, Bijsterveld)


11:30-1:00: Performance (Brooks, Jones)
2:30-4:00: Militantisme (Casemajor, Ultra-red)

Samedi le 15 novembre 2014

9:30-11:00: Humanité (Mottahedeh, Hoffman)
11:30-1:00: Capitalisme (Curran, Gopinath)


2:30-3:15: Médiation (Bookchin (La communication de Georgina Born est annulée))
3:15-4:00: Bilan (Sterne, Mirzoeff)


Conférencier.e.s


Organisme hôte: Média@McGill

Comité et équipe organisatrice du colloque

Prof. Jonathan Sterne
Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Prof. Nick Mirzoeff
Department of Media, Culture and Communication, New York University

Dr. Tamar Tembeck
Attachée de recherche et de développement, Média@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Sophie Toupin
Administratrice de projet, Média@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Mary Chin
Coordonatrice administrative, Média@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Caitlin Loney
Administratrice Web, Média@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Mauricio Delfin
Médias sociaux

 

Partenaires du colloque Média@McGill

Conseil de recherches en sciences humaines du Canada; Musée McCord; Fonds de développement du Doyen de la Faculté des Arts, Chaire de recherche du Canada en technologie et citoyenneté, Cycle de conférences du Département d’histoire de l’art et d’études en communication, Centre pour l’étude de la citoyenneté démocratique (CEDC), Institut genre, sexualité et féminisme (IGSF), Chaire James McGill en histoire de l’art contemporain, Chaire James McGill en culture et technologie, Chaire Wolfe en littératie scientifique et technologique, Université McGill; Media History Research Centre, Université Concordia; The International Association for Visual Culture; NYU Steinhardt Department of Media, Culture, and Communication