La Condition Participative

Français


Mot de bienvenue
Nous sommes impatients de vous accueillir à Montréal pour le colloque international La Condition participative qui aura lieu en novembre 2013. Ce colloque se penchera sur l’idée même de la participation à l’âge numérique, qu’il s’agisse de nos rencontres avec des individus et des technologies ou des expériences que nous partageons en tant qu’utilisateurs, publics et producteurs, tant en personne qu’en ligne. Nous espérons que vous serez des nôtres durant ces deux jours au Musée d’art contemporain pour apprendre, échanger et débattre.
– Christine Ross,
Directrice de Média@McGill

Aperçu
Média@McGill est fier d’accueillir La Condition participative, un colloque international qui se déroulera au Musée d’art contemporain de Montréal les 15 et 16 novembre 2013. Cet événement a pour principal objectif d’évaluer le rôle des médias dans le développement d’un principe dont l’expansion a pris une place telle qu’elle est devenue la condition de notre contemporanéité. Les vidéos du colloque sont disponibles (anglais seulement).


Contexte

Media@McGill est un pôle de recherche, d’érudition et de sensibilisation qui se consacre aux enjeux et aux polémiques liés aux médias, à la technologie et à la culture. La Condition Participative est présentée dans le cadre du programme 2013-2014 de Média@McGill sur les médias participatifs.

« La relation entre les médias et la participation soulève la question fondamentale du rôle des médias dans le développement de la démocratie à différents moments de l’Histoire et dans différents contextes sociopolitiques. Il met en lumière la dimension participative des médias, notamment la participation du citoyen à la création, au traitement et à la transmission de la structure, du contenu et de la forme de l’information, le remodelage artistique de la participation du spectateur et la participation de l’utilisateur à la (re)configuration des sphères, des communautés et des espaces publics. Il met l’accent sur la possibilité de développer des formes directes de démocratie par des utilisations spécifiques d’interactivité entre les usagers des médias.

Au sein de ces environnements sociomédiatiques et interactifs, la participation suppose l’intervention active de l’utilisateur dans le contenu, la forme et la structure des médias (comme dans le jeu vidéo, le clavardage, la messagerie textuelle et l’échange de tweets, ou encore l’art interactif, où l’œuvre ne peut être réalisée que grâce à la participation des utilisateurs). Elle implique également la formation de communautés de participants et participantes (la participation du joueur ou de la joueuse dans une communauté de joueurs, l’échange d’information entre clavardeurs et tweeters, la constitution de collectivités virtuelles).

N’importe quel utilisateur doté de la bonne technologie peut aujourd’hui produire son propre média en ligne; n’importe quel joueur ou joueuse peut interagir avec une interface utilisateur pour générer une réponse sur un dispositif vidéo; n’importe quel spectateur peut être invité à réagir à un environnement (spatial ou architectural) dans une galerie d’art, un musée ou un espace public. Mais est-ce vraiment le cas? Qui participe, qui ne participe pas et qui ne peut pas participer? Quels sont les similitudes, les recoupements et les différences entre la participation et l’interactivité offertes par les médias traditionnels et celles offertes par les nouveaux médias? Les médias participatifs aborde l’histoire, les problèmes et les possibilités des médias participatifs. Il examine comment les pratiques sur Internet ont ou n’ont pas changé les pratiques de citoyenneté – la participation du citoyen à la vie publique, aux délibérations, à la connaissance et à la mobilisation citoyennes. Il étudie comment les médias participatifs transigent avec la surveillance, les dispositifs de collecte de données et de contrôle intégrés aux médias mêmes qui permettent la participation. Il pose plus généralement la question suivante : pourquoi ce souci contemporain croissant de participation à travers le design, les arts, les sciences et l’informatique (qui mène au design participatif, aux arts participatifs et à l’informatique communautaire)? » (Extrait du programme 2012-2017 de Media@McGill sur les médias participatifs)

Description

La Condition participative

Un colloque international présenté par Média@McGill

Depuis la fin des années 1990, les sociétés modernes sont de plus en plus mobilisées par le principe relationnel de « participation ». La participation n’est pas seulement une notion ou un ensemble de pratiques, mais aussi une promesse, une croyance, une rhétorique, une forme de répartition du pouvoir, un moyen de s’engager activement avec d’autres dans des processus de prise de décision susceptibles d’avoir une incidence sur l’orientation et le fonctionnement des collectivités, des systèmes et des organisations, de la politique et de la culture. Son expansion actuelle se manifeste dans les différents domaines auxquels elle touche : démocratie participative, citoyenneté, gouvernance, journalisme (la collecte, l’analyse et la diffusion des nouvelles et de l’information), communication quotidienne, commerce, emploi, éducation, création de communautés en ligne, planification urbaine, design, jeux vidéo et mondes ludiques virtuels, art et culture de la conservation. Or – et voilà qui est d’un intérêt crucial pour Média@McGill – cette expansion a été favorisée par le développement des technologies de médias sociaux (forums Internet, blogues, wikis, baladodiffusions, etc.) et des nouveaux appareils multimédia interactifs qui favorisent des formes de communication participatives, formes qui offrent un libre accès à l’information et permettent aux participants de créer et d’échanger de l’information au sein de communautés virtuelles, de réseaux et de coproductions culturelles. Le cyberactivisme (hacktivism) est la pratique politique participative par excellence à l’ère d’Internet – une pratique qui permet de réacheminer le trafic d’un site Web à un autre ou de pirater des sites Web en déformant ou en interrompant, en quelque sorte, le flux d’information.

L’impulsion participative repose sur une attente primordiale : la participation donne du pouvoir aux individus, crée des communautés plus solides et répond aux idéaux de la démocratie participative; elle garantit la circulation de l’information et améliore les processus de prise de décision en permettant le partage de ces processus entre dirigeants et citoyens, producteurs, spectateurs et utilisateurs. Cependant, les débats entourant la participation et les révélations sur la réalité des pratiques participatives montrent que cette hypothèse présente un certain nombre de problèmes. En effet, son expansion en tant que principe relationnel pourrait bien en avoir fait un principe qui gouverne sans partage les approches participatives plutôt que de favoriser l’hétérogénéité (la diversité des positions et des groupes identitaires). Il est donc capital d’examiner à quel point la participation est réellement une modalité de changement dans la société actuelle – un contexte dans lequel la participation est à ce point généralisée qu’elle semble être aujourd’hui une obligation plus qu’un choix. La participation est-elle devenue « une nouvelle tyrannie » (Cooke et Kothari, 2001)?

Autrement dit, les structures médiatiques qui permettent la participation risquent d’éclipser des questions importantes liées à la valeur de la participation, au conformisme possible qu’elle génère et aux défis éthiques et aux conséquences imprévues qu’elle engendre. Par exemple, l’impératif contemporain de participation prive-t-il les citoyens et les spectateurs de leur droit de ne pas participer et de demeurer passifs (Carpentier, 2011)? Quel est l’effet de la surveillance – une pratique permise et encouragée par les nouvelles technologies des médias – sur la participation (Andrejevic, 2007)? Quel est le juste équilibre entre libre accès et confidentialité (Jónsdóttir, 2013; Cohen, 2012)? À quel point la participation nous permet-elle d’être de meilleurs penseurs (Hayles, 2012) ou accentue-t-elle notre « bêtise » (Stiegler, 2012) » ? De quelle façon la participation influence-t-elle notre compréhension de la connaissance, de la démocratie, de l’intimité et de la subjectivité (Crawford, 2012)? Même si la participation est un processus de prise de décision et parfois un activisme dans le cadre duquel les régimes politiques sont mis en question, voire démantelés (Cammaerts, 2012), ne peut-on pas aussi la considérer comme une nouvelle esthétique (Frieling 2008; Dezeuze, 2010; Bishop, 2012)? Quelles seraient les textures perceptive, sensorielle et affective de cette esthétique? Autant de questions qui seront au centre de La Condition participative, un colloque de deux jours organisé par Média@McGill dont le principal objectif sera d’évaluer le rôle des médias dans le développement d’un principe dont l’expansion est devenue telle qu’elle est désormais la condition de notre modernité.

La Condition participative se penche sur l’idée même de la participation à l’âge numérique, qu’il s’agisse de nos rencontres avec des personnes et des technologies ou des expériences que nous partageons en tant qu’utilisateurs, publics et producteurs, tant en personne qu’en ligne. À l’instar de nombreuses nouvelles technologies qui l’ont précédée, du télégraphe à Internet en passant par le téléphone, certains ont vu dans le Web participatif un outil de renforcement du pouvoir collectif (Jenkins et al, 2006). Tandis que les cyberoptimistes prévoient une représentation démocratique accrue et le nivellement des inégalités sociales grâce aux fonctionnalités du Web interactif, les cybersceptiques se demandent à quel point la participation virtuelle correspond à des formes plus tangibles d’engagement politique (Morozov, 2012). Qui plus est, les études récentes confirment que la fracture numérique – les « écarts de participation » – demeure importante, ce qui nous amène à nous interroger sur la nature véritablement participative des médias mobiles, interactifs et sociaux.

Dans le fil du programme 2013-2014 de Média@McGill sur les médias participatifs, le colloque La Condition participative traite de l’histoire, des problèmes et des possibilités des médias participatifs – par exemple, comment les pratiques sur Internet peuvent ou non avoir changé les pratiques de citoyenneté modernes; comment les médias participatifs composent avec les dispositifs de surveillance et de collecte de données intégrés aux médias mêmes qui permettent la participation; et enfin, comment les processus participatifs sont de plus en plus appelés à investir les domaines de l’art, du design, des sciences sociales, du journalisme et des médias, et de l’informatique.

Puisant dans des études sur le design, les sciences cognitives, l’art, l’éducation, la loi, la littérature, le jeu et les médias, La Condition participative examine les relations entre différentes plateformes technologiques interactives, la promesse de participation qu’elles semblent sous-entendre, et la nature des échanges réels découlant de leur utilisation. Le colloque porte également une attention toute particulière aux modes par lesquels les médias modernes transforment nos pratiques et notre pensée. Notre investigation est issue d’un questionnement sur la nature participative souvent prêtée aux médias émergents et d’une préoccupation à l’égard des autres formes de participation susceptibles d’être éclipsées par les promesses d’une utopie numérique.


Programme

Vendredi 15 novembre 2013 :

9 h-9 h 15 : Introduction – Média@McGill

9 h 15-10 h 30 : séance 1 – Conférence d’ouverture
N. Katherine Hayles, Duke University

11 h 00-12 h 30 : séance 2 – Publics et participation
Kate Crawford, Microsoft Research/MIT Center for Civic Media
Bart Cammaerts, London School of Economics
Christina Dunbar-Hester, Rutgers University

14 h 00-15 h 05: séance 3 – Surveillance
Jillian York, Electronic Frontier Foundation
Christopher Soghoian, American Civil Liberties Union

15 h 35-16 h 45: séance 4 – Réglementer la participation
Julie Cohen, Georgetown Law
Birgitta Jónsdóttir, membre du Parlement islandais

17 h-18 h: séance 5 – Keynote
Rafael Lozano-Hemmer, Antimodular Research

Samedi 16 novembre 2013 :

9 h-9 h 05 : Introduction – Média@McGill

9 h 05-10 h 05: séance 6 – La Participation en art et en design
Rudolf Frieling, San Francisco Museum of Modern Art
Graham Pullin, University of Dundee

10 h 35-12 h 00 : séance 7 – Le jeu
T.L. Taylor, Massachusetts Institute of Technology
Mia Consalvo, Université Concordia
Jason Edward Lewis and Skawennati, Aboriginal Territories in Cyberspace

13 h 30-15 h 00 : séance 8 — Les périls de la participation

R. Trebor Scholz, The New School
Geert Lovink, Institute of Network Cultures
Nico Carpentier, Université libre de Bruxelles

15 h 30-16 h 45 : séance 10 – Conférence de clôture
Bernard Stiegler, Institut de recherche et d’innovation, Centre Pompidou

16 h 45-17 h 00 : Mots de la fin

Conférencier.e.s


BART CAMMAERTS – LA MÉDIATION DE LA COOPÉRATION MUTUELLE EN TEMPS DE CRISE

Dans cette présentation, j’examinerai de nouvelles formes de ce que j’appelle la coopération mutuelle. En me basant sur le travail de Kropotkine sur l’aide mutuelle et celui de Sennett sur la théorisation de la coopération, je soutiendrai que l’une des façons importantes pour les citoyens de démontrer leur résilience en ces temps de crise consiste à travailler ensemble et à partager des ressources matérielles et immatérielles. Les pratiques de coopération mutuelle se situent à différents niveaux du social, du culturel et du politique. Qui plus est, si nous pouvons discerner un ensemble de pratiques de partage et de pratiques coopératives qui se situent clairement hors de l’économie de marché, les acteurs du marché s’approprient également de plus en plus le discours et les pratiques de partage et de coopération, les marchandisant au passage. Quoiqu’il existe une longue et riche tradition de modes de coopération mutuelle hors ligne (les coopératives), comme dans d’autres sphères du social, de l’économique et du culturel, les technologies en réseau jouent un rôle de plus en plus important dans les pratiques de coopération mutuelle en les favorisant, en créant des liens entre les personnes et en leur permettant éventuellement d’accroître leur portée, en diminuant les coûts/le besoin de réciprocité, et même en constituant de nouvelles formes de coopération mutuelle. Malgré ces possibilités évidentes, nous ne devons pas fermer les yeux sur les dangers potentiels, les conséquences négatives et les précautions qui s’y rattachent – p. ex. en ce qui concerne les classes, qui peut se permettre de partager, qui dispose des compétences/du temps nécessaire pour le faire?, etc.

Bart Cammaerts est maître de conférences et directeur du programme de doctorat du Department of Media and Communications de la London School of Economics and Political Science (LSE). Ses recherches sont axées sur la relation entre les médias ainsi que sur les technologies de communication et la résistance et se penchent particulièrement sur les processus politiques mettant en scène plusieurs parties prenantes, les stratégies médiatiques des activistes, les représentations des manifestations, les cultures alternatives et les questions liées au pouvoir des médias, à la médiation et au domaine public. Parmi ses récents ouvrages, citons Mediation and Protest Movements (en collaboration avec Alice Mattoni et Patrick McCurdy, Intellect, 2013), Media Agoras: Democracy, Diversity and Communication (en collaboration avec Iñaki Garcia-Blanco et Sofie Van Bauwel, Cambridge Scholars Publisher, 2009), Internet-Mediated Participation beyond the Nation State (Manchester University Press, 2008) et Understanding Alternative Media (en collaboration avec Olga Bailey et Nico Carpentier, Open University Press, 2008). Il a été président de l’European Communication Research and Education Association (ECREA) et agit actuellement comme vice-président de la section Communication Policy and Technology de l’International Association for Media and Communication Research (IAMCR).


NICO CARPENTIER – LE POUVOIR EN TANT QUE PRINCIPAL SIGNIFIANT DE LA PARTICIPATION

L’impossibilité ultime de fixer le sens du signifiant « participation » s’explique par sa relation intime avec la politique, l’idéologie et la démocratie. La participation est perçue comme un concept politico-idéologique intrinsèquement lié au pouvoir. Cela est particulièrement évident dans la discussion sur la théorie de la démocratie, où la participation est en tension permanente avec le concept de représentation. Et lorsque nous dépassons le monde de la politique institutionnalisée pour entrer dans celui de la politique, nous voyons comment la participation cristallise les relations de pouvoir au sein de diverses sphères sociétales. Cette présentation montre que la nature politique de la participation se manifeste dans les luttes visant à minimiser ou maximiser les positions d’égalité des pouvoirs des acteurs impliqués dans les processus de prise de décisions qui sont omniprésents dans toutes les sphères de la société, y compris celle des médias.

Nico Carpentier est professeur agrégé à la Faculté des Sciences de communication de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et maître de conférences à l’Université Charles de Prague. Il est également membre du conseil d’administration de l’International Association for Media and Communication Research (IAMCR) et a été vice-président de l’European Communication Research and Education Association (ECREA) de 2008 à 2012. Ses travaux portent plus particulièrement sur la théorie du discours appliquée, la relation entre les médias, le journalisme, la politique et la culture, notamment dans des domaines tels que la guerre et les conflits, l’idéologie, la participation et la démocratie. Ils se répartissent en cinq grandes catégories, soit : 1) Médias, participation et démocratie; 2) Médias, mort et guerre; 3) Journalisme et identité; 4) Auditoire et réception; et 5) Théorie du discours. Parmi ses publications se trouvent Researching Media, Democracy and Participation (eds.) (2006), Reclaiming the Media: Communication Rights and Democratic Media Roles (eds.) (2007), Media Technologies and Democracy in an Enlarged Europe (eds.) (2007), Participation and Media Production. Critical Reflections on Content Creation (eds.) (2008), Democracy, Journalism and Technology (eds.) (2008), Communicative Approaches to Politics and Ethics in Europe (eds.) (2009), Trans-reality Television. The Transgression of Reality, Genre, Politics and Audience (eds.) (2010) et Media and Participation. A Site of Ideological-Democratic Struggle (2011). En 2013, il publiera Transforming Audiences (eds.).


JULIE E. COHEN – LE COMPLEXE SURVEILLANCE-INNOVATION : L’IRONIE DU VIRAGE PARTICIPATIF

Le crowdsourcing et la ludification de la surveillance sont devenus d’importantes stratégies de collecte et de traitement des renseignements personnels. Leur montée en puissance coïncide avec un changement dans le discours juridique, politique et populaire, selon lequel la confidentialité et l’innovation sont de plus en plus placées en opposition et où l’analyse prédictive et le développement d’applications à forte concentration de données constituent d’excellents exemples d’innovation. Les stratégies juridiques en faveur du libre accès et de la liberté d’innovation contribuent largement à ce processus. Nombre de projets de développement qui reposent sur les renseignements personnels sont présentés comme des projets de libre accès et cherchent à exploiter et à profiter du cachet intellectuel que peut leur conférer la rhétorique sur la liberté d’accès. Les observateurs ont depuis longtemps noté l’existence d’un complexe surveillance-industriel : une relation symbiotique entre la surveillance exercée par l’État et les producteurs privés de technologies de surveillance. L’émergence du complexe surveillance-innovation représente une nouvelle phase de cette symbiose, qui associe sans équivoque surveillance et progrès. Au sein de ce complexe, participation et marchandisation sont étroitement liées. En particulier lorsqu’il s’agit de données concernant la santé, le traitement des renseignements personnels est devenu une nouvelle forme de bioprospection, les entités de toutes tailles rivalisant pour découvrir de nouveaux modèles et tirer profit de leur valeur marchande. Le crowdsourcing et l’innovation en libre accès alimentent les modèles économiques auxquels ils sont censés résister en recueillant des données à des fins commerciales et en agissant comme sources continues d’expériences sur les meilleurs moyens de générer, d’afficher et d’exploiter leur potentiel.

Julie E. Cohen est professeure de droit au Georgetown University Law Center. Elle enseigne et écrit sur le droit de propriété intellectuelle et le droit de protection des renseignements personnels, notamment en ce qui concerne les œuvres numériques et l’intersection des droits d’auteur, du droit à la confidentialité et des architectures de l’information. Elle est l’auteure de Configuring the Networked Self: Law, Code and the Play of Everyday Practice (Yale University Press, 2012) et co-auteure de Copyright in a Global Information Economy (Aspen Law & Business, 3e édition, 2010). Julie E. Cohen est membre des comités consultatifs de l’Electronic Privacy Information Center et de Public Knowledge.


MIA CONSALVO – AVATARS, JOUEURS, PLATEFORMES ET PARTICIPATION

Cette présentation se fonde sur diverses études sur les adeptes de jeux vidéo pour comprendre comment et pourquoi les gens jouent et participent à la culture globale du jeu. Elle remet en question les hypothèses et les recherches populaires en montrant de quelle façon les joueurs s’identifient à leurs avatars et examine la manière dont nous conceptualisons nos relations dans le cadre du jeu. Elle étudie également la façon dont les plateformes façonnent les attentes des joueurs, mais aussi le style et les normes de jeu, et comment ces plateformes peuvent encourager ou décourager la participation. Enfin, la présentation se penche sur la façon dont les joueurs font face à des dilemmes moraux dans l’univers du jeu et comment ils résistent ou acceptent parfois des styles de jeu qui s’éloignent de leur propre sens de l’éthique.

Mia Consalvo est titulaire de la chaire de recherche du Canada en études et conception de jeux de l’Université Concordia, à Montréal. Elle est l’auteure de Cheating: Gaining Advantage of Videogames et coéditrice de The Handbook of Internet Studies. Elle rédige actuellement un ouvrage sur l’influence du Japon sur l’industrie du jeu vidéo et la culture du jeu. Mia a publié ses travaux dans Critical Studies in Media Communication, Games & Culture, Game Studies, Convergence, ainsi que de nombreuses autres revues. Elle a également présenté ses travaux dans diverses conférences destinées aux professionnels et au milieu universitaire, et à plusieurs reprises, à la Game Developers Conference. Elle est présidente de la Digital Games Research Association et a travaillé au MIT, à l’Ohio University, à la Chubu University au Japon et à l’University of Wisconsin-Milwaukee.


KATE CRAWFORD – L’ÉCOUTE ALGORITHMIQUE : UN LABORATOIRE SANS ISSUE

« Les villes sont les nouveaux laboratoires de la démocratie », affirme Mike Bloomberg et, en effet, de nombreuses villes recueillent d’énormes quantités de données sur leurs citoyens et les combinent pour en tirer de nouveaux genres de savoir. En parallèle, l’Andorre, qui se qualifie elle-même de premier « pays intelligent » a décidé de faire face à la crise économique en vendant toutes les métadonnées qu’elle recueille sur ses habitants, des téléphones cellulaires à l’utilisation de l’énergie en passant par les données de capteurs et les habitudes d’achat. Bien qu’on ne leur demande pas leur consentement, on promet aux citoyens que leurs données demeureront anonymes. Pourtant, des études récentes montrent que ces garanties d’anonymat sont souvent prises en défaut. Des données sur Internet que recueillent inlassablement les états et les entreprises à nos déplacements urbains, les mégadonnées, cette fantaisie technocratique, constituent une « implacable lumière » (De Certeau, 1984). En m’appuyant sur mes travaux antérieurs sur l’écoute et la subjectivité, je parlerai des conséquences de « l’écoute » des systèmes algorithmiques, des notions de participation forcée et de l’impossibilité de se retirer.

Kate Crawford a largement publié ses recherches sur les contextes sociaux, politiques et culturels des technologies en réseau. À l’heure actuelle, son travail est axé sur l’utilisation des données au quotidien, de l’industrie des mégadonnées à l’informatique de crise en passant par le journalisme en réseau et l’utilisation des médias mobiles et sociaux. Elle s’appuie sur le concept « d’écoute » pour reconceptualiser la participation en ligne en se distanciant de l’idée vue comme vide et inutile d’un observateur « caché » et en mettant l’accent sur les moyens par lesquels nous prêtons attention aux discussions, aux idées et aux communautés au sein des espaces en réseau.

Kate Crawford a mené des études ethnographiques à petite et grande échelles en Australie, en Inde et aux États-Unis. Son ouvrage sur la technologie, la culture et les jeunes, Adult Themes, a été récompensé par la médaille de l’Australian Academy of the Humanities et par le Manning Clark National Cultural Award. Elle travaille actuellement à l’écriture d’un livre sur la politique et l’éthique des mégadonnées. Ses travaux ont été présentés dans The Wall Street Journal, l’émission The World Today de la BBC, sur ABC et sur CBC, et ses articles ont été traduits dans plusieurs langues. Kate siège actuellement aux comités de rédaction du Fibreculture Journal: Digital Media, Networks, and Transdisciplinary Critique et de Media International Australia.


CHRISTINA DUNBAR-HESTER – “PRODUIRE LA PARTICIPATION OU REPRODUIRE L’INÉGALITÉ? BRICOLAGE ET MÉDIA-ACTIVISME”

Dans cette présentation, je considère le média-activisme comme un phénomène hybride combinant l’expertise et l’amateurisme d’une part, et la gestion et l’autoorganisation d’autre part. J’examine du point de vue ethnographique les pratiques techniques et sociales d’un groupe d’activistes qui font la promotion d’une « technologie appropriée » combinant d’une part la diffusion de matériel et de compétences techniques et, d’autre part, des relations sociales démocratiques et « participatives ». Les efforts de ces activistes ont emprunté plusieurs voies, dont la politique et le travail technique manuel nécessaire à la fabrication du matériel informatique, mais ils ont envisagé leur travail dans le contexte d’un mouvement social en faveur de la démocratie médiatique et d’un programme global de justice sociale. La pédagogie a joué un rôle important dans leur pratique – une pédagogie fondée sur une notion d’expertise largement accessible par laquelle ils ont cherché à élargir la participation technique et politique. Cependant, si la transmission des habiletés techniques était une priorité, ce projet d’activisme tenait pour plus importants le renforcement de l’engagement politique et affectif, ainsi que la construction technologique comme espace de politique participative et de remise en question de l’expertise des élites.

Christina Dunbar-Hester est une ethnographe qui étudie l’intersection des pratiques techniques et de l’engagement politique. Son livre sur l’activisme du début du 21e siècle sur les radios FM à faible fréquence aux États-Unis sera publié par MIT Press en 2014. Ses recherches récentes sont axées sur le mouvement en faveur d’une plus grande sensibilisation aux questions de « diversité » dans le hackerspace et les communautés de logiciels libres. Elle a joint le Department of Journalism & Media Studies de la School of Communication and Information, l’Université Rutgers en 2010 et le Department of Women’s & Gender Studies en 2011, à titre de professeure affiliée. Avant l’Université Rutgers, Christina était chargée de cours à l’Annenberg School for Communication de l’University of Pennsylvania et au Virtual Knowledge Studio for the Humanities and Social Sciences à Amsterdam. Ses recherches ont obtenu le soutien de la National Science Foundation, du Andrew J. Mellon Humanities Project et de l’Institute for Advanced Studies on Science, Technology & Society. Elle est chercheuse affiliée au McGannon Communication Research Center de la Fordham University (depuis 2008) et rédactrice en chef adjointe de l’International Collaborative Dictionary of Communication (depuis 2010), un projet du Social Science Research Council.


RUDOLF FRIELING – DES CONDITIONS DE LA PARTICIPATION DANS L’ART

L’histoire de l’art contemporain et celle de l’art médiatique se sont souvent recoupées par le passé, mais les discours sont demeurés des champs de recherche séparés. Afin d’amener ces deux domaines distincts sur un terrain commun, j’ai organisé une enquête pour le San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA) en 2008 intitulée « The Art of Participation: 1950 to Now ». Du dicton de Bruce Nauman « je me méfie de la participation des spectateurs » à la promotion des plateformes et des initiatives favorisant la participation du public, je discuterai du cadre de l’exposition et réfléchirai sur l’expérience d’intégration d’une pratique d’exposition plus ouverte et plus variable dans un environnement institutionnel. Les conditions de participation dans un contexte artistique ou institutionnel défini seront examinées – nous parlerons de la critique de l’institution par l’artiste, des concepts de conservation, des approches éducatives et des stratégies de participation du public.

Rudolf Frieling a été nommé conservateur des arts médiatiques du San Francisco Museum of Modern Art en janvier 2006. Récemment, il a organisé l’exposition Stage Presence: Theatricality in Art and Media (2012). Il a collaboré à la présentation du SFMOMA, Exposed: Voyeurism, Surveillance and the Camera Since 1870 (2010) et organisé les expositions rétrospectives du SFMOMA The Art of Participation: 1950 to Now (2008) et In Collaboration: Works from the Media Arts Collection (2008). De 1994 à 2001, Rudolf Frieling a été conservateur du ZKM Center for Art and Media (ZKM) à Karlsruhe, en Allemagne, et directeur de sa collection vidéo. De 2001 à 2005, il a dirigé le projet de recherche en ligne Media Art Net du ZKM. Il a mis sur pied le projet d’exposition et de restauration intitulé 40yearsvideoart.de: Digital Heritage – Video Art in Germany from 1963 until the Present (2006), qui visait à étudier le processus de détérioration de l’art vidéo et à mettre au point des processus pour sa restauration. Rudolf Frieling a écrit pour de grandes publications imprimées, multimédia et en ligne, dont une série d’ouvrages intitulée Media Art Action (1997), Media Art Interaction (2000) et Media Art Net 1/II (2004/2005), tous publiés par Springer, Vienne et New York.


N. KATHERINE HAYLES – SPECULATION : JOUER DANS LES ÉCARTS DE PARTICIPATION

Durant le printemps et l’automne 2013, les professeurs et les étudiants de la Duke University, de l’University of Chicago et du Vassar College ont conçu et participé à Speculation, un jeu de réalité alternative basé sur la crise financière de 2008. Jouable sur différentes plateformes, y compris en ligne et dans des lieux physiques, Speculation a évolué au fil du temps, passant d’un jeu principalement axé sur ce que ses concepteurs souhaitaient enseigner aux joueurs à une expérience totalement participative où concepteurs et joueurs ont collaboré pour créer une histoire complexe, une temporalité labyrinthique formant une connexion semblable à un anneau de Mobius entre notre présent et un futur fictif, et un dénouement dans lequel les joueurs décidaient de la fin de l’histoire. L’expérience a de nombreuses conséquences sur le rôle de la recherche fondée sur la pratique dans les sciences humaines, et nous les examinerons dans la conclusion de cette présentation.

N. Katherine Hayles est une auteure de renommée internationale sur les relations entre littérature, science et technologie. Son ouvrage How We Became Posthuman: Virtual Bodies in Cybernetics, Literature and Informatics a reçu le Rene Wellek Prize 1998-99 de meilleur livre sur la théorie littéraire et Writing Machines a été couronné par le Suzanne Langer Award for Outstanding Scholarship. Son travail a été récompensé par de nombreuses bourses de recherche et de nombreux honneurs, dont une Bourse Guggenheim, deux bourses du National Endowment for the Humanities, une bourse de résidente de la Rockefeller Foundation, une bourse du National Humanities Center et une bourse de recherche présidentielle de l’University of California. Elle est l’auteure d’une dizaine de livres et de plus de 70 articles et chapitres d’ouvrages révisés par des pairs. Elle est également lauréate de deux prix à titre d’enseignante, dont le Eby Award for Distinction in Undergraduate Teaching. Elle siège aux comités de rédaction de plusieurs revues, dont Science-Fiction Studies et Configurations: A Journal of Literature, Science and the Arts.


BIRGITTA JóNSDóTTIR, M.P., ICELAND – INNOVER DANS LA LÉGISLATION DU 21e SIÈCLE

Nos sociétés se transforment sous l’impulsion d’une interconnectivité qui transcende les frontières. Les lois propres aux pays ne s’appliquent plus, car le monde est aujourd’hui apatride en matière de médias, d’information, de partage et de création de communautés. Les médias sont en pleine métamorphose, tout comme le sont nos démocraties et nous ignorons s’ils accoucheront d’un abominable insecte géant ou d’un merveilleux effet papillon. À l’heure où tout s’accélère, rien ne va plus – les états ont perdu le contrôle de la surveillance et nous avons perdu le contrôle de notre vie privée. On parle de fragmenter Internet, d’ériger des murs autour de certains pays pour protéger leurs citoyens des états voisins. Les choses peuvent facilement nous glisser entre les doigts si nous ne redéfinissons pas les standards internationaux de façon à ce que les droits fondamentaux de la personne soient honorés et que nous puissions garantir le respect des principes démocratiques afin que les journalistes soient en mesure de protéger leurs sources, les médecins la confidentialité des dossiers de leurs patients et les avocats la vie privée de leurs clients. Nous devons trouver de nouvelles solutions, et vite. Nous devons faire appel aux plus grands esprits du pays pour externaliser la législation. J’ai déjà fait l’expérience de ce genre de plateforme pour l’élaboration et la rédaction de l’Initiative islandaise pour la modernisation des médias (IMMI) en 2010. L’IMMI est une grande première en son genre. Notamment parce qu’elle a été rédigée sur un etherpad par des participants situés dans diverses parties du monde et parce qu’elle s’est inspirée des meilleurs lois en vigueur dans différents pays, mais surtout parce qu’elle a fait souffler un vent d’innovation sur la législation, chose dont nous avons désespérément besoin. En Islande, le Parti pirate apprend aux autres partis comment travailler avec de telles méthodes. Nous nous devons d’innover et de maximiser les aspects positifs d’un monde sans frontières. Journalistes, législateurs, artistes, quel que soit notre champ d’expertise, nous pouvons tirer parti de cette liberté de collaboration dont la seule limite est notre esprit. Nous n’avons pas à réinitialiser les démocraties, mais plutôt à créer le matériel sur lequel nous installerons les nouveaux systèmes. L’heure a sonné de nous donner une nouvelle vision commune des sociétés que nous voulons être.

Birgitta Jónsdóttir est une poétesse et activiste islandaise. Elle est actuellement députée du Parti Pirate, dont elle est aussi l’une des fondatrices, au Parlement de Reykjavik. Birgitta a également été la sponsor principale  de l’International Modern Media Institute (IMMI), dont elle est aussi présidente. Spécialiste de la législation adaptée aux réalités du XXIe siècle, elle a agi comme principale porte-parole de l’Initiative islandaise pour la modernisation des médias, un projet de loi qui a été unanimement voté par les membres du Parlement en 2010. Ce texte demande au gouvernement de faire de l’Islande un sanctuaire pour la liberté d’information, d’expression et de parole en légalisant la liberté de l’information de façon à ce que des sites comme WikiLeaks ne soient plus nécessaires. La loi est actuellement en cours d’élaboration dans trois ministères différents. Vous pouvez suivre Birgitta à : http://birgitta.is et sur Twitter à @birgittaj


JASON EDWARD LEWIS ET SKAWENNATI – DE CYBERPOWWOW À ABTEC ISLAND : L’AUTODÉTERMINATION DANS LES ESPACES NUMÉRIQUES

Jason Edward Lewis et Skawennati, codirecteurs d’Aboriginal Territories in Cyberspace, présenteront plusieurs de leurs projets visant à créer des espaces déterminés par les Autochtones dans les sites Web, les jeux vidéo, les mondes virtuels et d’autres lieux immatériels en réseau que nous habitons. Ils présenteront les objectifs et les résultats de Skins, un atelier qui montre aux jeunes Autochtones comment « transcrire » une histoire traditionnelle en jeu vidéo; ils parleront de CyberPowWow et d’AbTeC Island, un projet ancien (à l’échelle numérique) et un autre qui pourrait ne jamais voir le jour, tous deux unis par de mêmes impulsions technologiques et le désir permanent de trouver un chez-soi et une voix au sein du cyberespace.

Jason Edward Lewis est professeur agrégé de conception et d’arts informatiques à l’Université Concordia, il travaille en arts numériques, est poète et concepteur de logiciels. Il a fondé Obx Laboratory for Experimental Media, où il dirige des projets de recherche et de création qui font appel à des environnements virtuels afin d’aider les communautés autochtones à préserver, interpréter et communiquer leur histoire culturelle, à inventer de nouveaux moyens de créer et de lire des textes numériques, et à mettre au point des systèmes favorisant un usage créatif des technologies mobiles. Il a cofondé et codirige le réseau de recherche Aboriginal Territories in Cyberspace, qui explore la manière dont les populations autochtones peuvent participer à la formation de notre futur univers numérique. Jason Lewis codirige également des ateliers combinant les récits traditionnels et la conception de jeux au collège des Premières Nations de Kahnawake. Il s’emploie activement à mettre au point des formes d’expression nouvelles et captivantes en travaillant simultanément au niveau conceptuel, créatif et technique. Sa production créative a été présentée par l’Ars Electronica Center, ISEA, SIGGRAPH, Urban Screens et Mobilefest, entre autres, et ses essais sur les arts médiatiques ont fait l’objet de plusieurs présentations lors de conférences, de festivals et d’expositions sur quatre continents. Son travail sur les territoires autochtones dans le cyberespace a été récompensé par de nombreux prix.

Skawennati est une artiste et conservatrice indépendante titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia de Montréal. Depuis 1996, elle travaille avec les nouveaux médias et a commencé avec CyberPowWow, une galerie virtuelle et un espace de clavardage déterminés par les Autochtones. Ses œuvres, qui portent sur l’histoire, l’avenir et le changement, ont fait l’objet d’expositions dans plusieurs pays. Imagining Indians in the 25th Century, un projet web de poupées de papier accompagné d’un journal à voyager dans le temps, a été présenté un peu partout en Amérique du Nord, notamment lors de la tournée panaméricaine Artrain USA de l’exposition « Native Views: Influences of Modern Culture ». Une version imprimée de cette pièce fait partie de la collection de la Banque d’œuvres d’art du Conseil des arts du Canada. 80 Minutes, 80 Movies, 80s Music, sa série de vidéos musicales d’une minute, continue de prendre de l’ampleur et TimeTraveller™, sa production en cours, est un projet multiplateforme mettant en vedette une série machinima (animation automatique). Son site Web, www.TimeTravellerTM.com, a été récompensé par le Prix du meilleur nouveau média 2009 d’imagineNative. Skawennati codirige actuellement avec Jason E. Lewis Aboriginal Territories in Cyberspace, un réseau d’artistes, d’universitaires et de spécialistes des technologies qui étudient, créent et critiquent les environnements virtuels autochtones. Leur projet Otsì:!, une modification de jeu créée avec l’aide des élèves de la Kahnawake Survival School, a reçu le Prix du meilleur nouveau média 2010 d’imagineNative. Skawennati a également reçu une bourse du Musée Eiteljorg Fellowship for Native American Fine Art en 2011.


GEERT LOVINK – « UNLIKE US » : DE LA CRITIQUE DES MÉDIAS SOCIAUX AUX PLATEFORMES ALTERNATIVES

« Unlike Us » est un réseau regroupant des concepteurs, des activistes et des chercheurs qui s’intéressent à la critique des médias sociaux. Le manque de confidentialité (Prism) incite de nombreuses personnes à penser que nous ne devrions pas nous complaire dans une « culture du grief » et qu’il est préférable d’agir. Mais comment surmonter nos angoisses face au déluge d’information? « Unlike Us » se penche sur des concepts d’architectures de réseau différentes, à l’ère où délaisser Facebook est perçu comme une marque d’individualisme. Est-il temps de nous exclure collectivement du flux des Tweets et des nouvelles? « Unlike Us » ne cherche pas à créer l’alternative idéale à Facebook mais, dans l’esprit de plateformes expérimentales telles que Lorea et Diaspora, souhaite plutôt inscrire un autre type de relations sociales dans le protocole Internet. Qu’est-ce que signifie socialiser pour nous, aujourd’hui?

Geert Lovink est théoricien des médias, critique Internet et auteur de Zero Comments (2007) et de Networks Without a Cause (2012). Depuis 2004, il est professeur chercheur à l’École de communication et de conception médias (CMDA) de l’Université des sciences appliquées d’Amsterdam (HvA), où il est le directeur fondateur de l’Institute of Network Cultures. Cet institut a récemment mis sur pied des conférences et des réseaux de recherche sur des sujets tels que la politique et l’esthétique de la vidéo en ligne, les écrans urbains, Wikipédia, la culture de la recherche, les monnaies d’Internet et la publication numérique. Jusqu’en 2013, il était également professeur du programme de maîtrise en nouveaux médias de Mediastudies, à l’Université d’Amsterdam. En 2009, il a été nommé professeur de théorie sur les médias à l’European Graduate School (Saas-Fee).


RAFAEL LOZANO-HEMMER – ANTIMONUMENTS ET SOUS-SCULPTURES

L’artiste multimédia Rafael Lozano-Hemmer présentera ses récentes installations interactives, qui se situent à l’intersection de l’architecture et de la performance. À l’aide de technologies telles que la robotique, la surveillance informatique et les réseaux télématiques, il crée des plateformes favorisant la participation du public. Inspiré de la fantasmagorie, du carnaval et de l’animatronique, ses créations ombres et lumières visent la ré-appropriation de l’espace public par ses occupants.

Rafael Lozano-Hemmer est un artiste canadien d’origine mexicaine. Ses créations ont récemment fait l’objet d’expositions solo au San Francisco Museum of Modern Art, à la Fundación Telefónica à Buenos Aires et au Museum of Contemporary Art de Sydney. Il a été le premier artiste à représenter officiellement le Mexique à la Biennale de Venise, avec une exposition au Palazzo Van Axel en 2007. Ses réalisations ont également été présentées dans des biennales et des triennales à La Havane, Istanbul, Liverpool, Montréal, Beijing, Moscou, la Nouvelle-Orléans, Séoul, Séville, Shanghai, Singapour et Sydney. Son travail fait partie des collections du MoMA à New York, Jumex à Mexico, Daros à Zürich et Tate à Londres. www.lozano-hemmer.com


GRAHAM PULLIN – DES TONS DE VOIX « OPEN SOURCE »

La recherche en design étudie le moyen pour les personnes privées de parole de communiquer de façon plus expressive à l’aide d’appareils générant des signaux vocaux spéculatifs qui permettent un contrôle nuancé du ton de la voix, alors que les dispositifs de synthèse vocale n’offrent généralement que trois choix de ponctuation. Les récents progrès technologiques promettent une synthèse vocale réaliste mais aussi plus souple. La recherche participative met en lumière la façon dont les profanes (par opposition aux phonéticiens) peuvent penser le ton de la voix au départ et, par conséquent, interagir avec lui. La question n’est pas seulement de savoir comment définir le ton de la voix, mais au-delà, qui peut le faire? Car le ton de la voix est porteur d’une charge culturelle et sociale, mais aussi conversationnelle et affective. Cette recherche recommande que la technologie vocale soit conçue comme un support libre dans le cadre duquel une infinité de tons sont créés, échangés et adoptés par les personnes qui l’utilisent au quotidien.

Graham Pullin est directeur du cours de conception d’interactions numériques à l’University of Dundee. Chercheur, concepteur et professeur, il exerce une influence importante dans les domaines de la conception universelle, des technologies d’assistance, et de la suppléance à la communication et des moyens de communication alternatifs. Parmi ses conférences récentes, il a notamment présenté « Arts Inclusion: Disability, Design, Curation » à UC Irvine, prononcé un discours lors de la plénière d’ouverture 2013 de la Rehabilitation Engineering and Assistive Technology Society of North America (RESNA) à Seattle et de la conférence « State of the Science » de l’AAC-RERC à Baltimore, en plus de coprésider la conférence internationale d’Include sur la conception universelle au Royal College of Art de Londres. Graham Pullin a dirigé une équipe multidisciplinaire composée de chercheurs, de concepteurs et d’ingénieurs chez IDEO, une entreprise de conseils en innovation. Il a mené des projets à Londres et à San Francisco, dont un projet d’un million $ pour Vodafone. Ses projets de recherche ont été présentés au MoMA, à New York. Titulaire d’une formation d’ingénieur, il s’est spécialisé dans l’ingénierie de la réadaptation. Réalisant le potentiel des compétences et de la sensibilité du design, il a étudié au Royal College of Art, puis longuement agi comme concepteur industriel et concepteur d’interactions. Les quelques 25 années qu’il a consacrées à la conception de dispositifs pour les personnes handicapées lui ont inspiré la monographie Design meets Disability (MIT Press), qui est aussi un manifeste en faveur d’une approche plus humaine de la conception de tels appareillages.


R. TREBOR SCHOLZ – LE TRAVAIL NUMÉRIQUE ET LA VIE COMME MARCHANDISE

Cette présentation est basée sur l’ouvrage récemment publié, Digital Labor: The Internet as Playground and Factory. Trebor Scholz avance que les distinctions entre travail, loisirs, jeu et communication se sont estompées et que le travail, sans que cela soit reconnu, génère des données et des profits pour un petit nombre d’acteurs gouvernementaux et commerciaux. Les résidents de mondes virtuels tels que Second Life créent les produits et les expériences qu’ils consomment. Quelle est la nature de ce « travail numérique » et des nouvelles formes de socialité numérique auxquelles ils donnent naissance sur des plateformes comme Mechanical Turk d’Amazon, Crowdflower ou TxtEagle? Les nouvelles libertés et les visions d’empowerment offertes par les médias numériques ont des coûts sociaux souvent invisibles. Cette présentation se penche sur la violence de la participation et pose la question de savoir si la valeur économique est générée dans la réalité plutôt qu’au sein de l’économie spéculative d’Internet.

R. Trebor Scholz est professeur agrégé de culture et de médias à la New School de New York. Il est l’éditeur de plusieurs collections d’essais dont Digital Labor: The Internet as Playground and Factory (Routledge, 2012). Sa monographie annoncée chez Polity Press traite de l’histoire du Web social et de ses économies orwelliennes. Trebor Scholz s’exprime régulièrement dans des conférences et des festivals et a notamment fait des exposés à Yale University, Carnegie Mellon University, à la Maison-Blanche et au Transmediale. Trebor Scholz a présidé sept grandes conférences, dont The Internet as Playground and Factory (http://digitallabor.org/) et MobilityShifts (http://mobilityshifts.org). Il est le fondateur de l’Institute for Distributed Creativity, qui a acquis une réputation internationale pour ses débats en ligne sur la culture critique en réseau.


CHRISTOPHER SOGHOIAN – LE COMPLEXE INDUSTRIEL DU LOGICIEL MALVEILLANT

Les gouvernements versent maintenant dans le piratage. Pas seulement entre eux, mais aussi, et de plus en plus souvent, au détriment de leurs propres citoyens. Des entreprises privées offrent aujourd’hui aux gouvernements des moyens de s’introduire dans les ordinateurs de leurs concitoyens et de les espionner à l’aide de logiciels malveillants. Ils utilisent soi-disant ces technologies pirates au nom de la sécurité nationale, pour arrêter les terroristes et mettre la main au collet des criminels. Bien entendu, les terroristes, narcotrafiquants et pédophiles se servent des mêmes ordinateurs et des mêmes téléphones que nous. Du point de vue technique, cependant, nos gouvernements doivent être en mesure de s’introduire dans les ordinateurs des citoyens respectueux des lois, puisqu’ils sont en mesure de s’introduire dans les ordinateurs de ceux qui ne les respectent pas. Voilà qui signifie également que les ordinateurs des citoyens, des entreprises et des organismes gouvernementaux doivent être vulnérables à certaines techniques de piratage de façon à ce que les gouvernements puissent continuer à accéder à des ordinateurs qui font l’objet d’une surveillance légitime.

Christopher Soghoian est un chercheur et activiste spécialiste de la confidentialité des données qui œuvre à l’intersection de la technologie, de la loi et de la politique. Sa thèse de doctorat porte sur le rôle que jouent les fournisseurs de tierce partie pour faciliter les activités de surveillance et de contrôle de l’application de la loi à l’insu de leurs propres clients. Ses recherches ont notamment été publiées dans le Berkeley Technology Law Journal et mises de l’avant par plusieurs tribunaux fédéraux. De 2009 à 2010, il a été le premier expert ès technologie employé par le service identité et vie privée de la Federal Trade Commission (FTC) des États-Unis, où il a enquêté sur Facebook, Twitter, MySpace et Netflix. Avant de travailler pour la FTC, il a cocréé le dispositif anti-suivi Do Not Track, qui fait aujourd’hui partie intégrante des principaux navigateurs Web. Il a été intervenant à la conférence TEDGlobal 2012, membre de l’Open Society Foundations entre 2011 et 2012 et boursier du Berkman Center for Internet & Society de la Harvard University en 2008 et 2009.


BERNARD STIEGLER – PARTICIPATION, CONTRIBUTION ET TRANSINDIVIDUATION

La question de la participation ouverte par les technologies numériques ne peut être pensée hors du nouveau modèle industriel. À défaut, la « participation » sera inévitablement dégradée pour devenir ce que les réseaux sociaux comme Facebook en ont fait : un « hyperconsumérisme » dans le cadre duquel le consommateur devient le principal acteur de sa propre désindividuation – et de la désocialisation du monde qui l’accompagne. Un autre avenir – basé sur la préservation et l’intensification des processus psychiques et collectifs d’individuation – présuppose que les technologies numériques soient intégrées à un cadre économique de contribution qui échappe au consumérisme. Or une telle économie doit repenser en profondeur ce qui constitue la condition de toute économie industrielle : la sphère universitaire. Cette présentation cherche à définir les contours de l’organologie numérique du savoir qu’Ars Industrialis et l’Institut de recherche et d’innovation imaginent et développent dans le cadre de leur séminaire conjoint sur les études numériques basé sur les technologies contributives de transindividuation.

Bernard Stiegler est directeur de l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou à Paris, professeur-chercheur au Goldsmith College de Londres et professeur de philosophie à l’Université de Technologie de Compiègne. Il est l’un des fondateurs d’Ars Industrialis, une association basée à Paris qui appelle à une politique industrielle des technologies de l’esprit fondée sur l’exploration des possibilités de telles technologies afin de susciter un renouveau de la « vie de l’esprit ». Bernard Stiegler a publié de nombreux ouvrages et articles sur la philosophie, les technologies, la numérisation, le capitalisme, la culture de la consommation, etc. Parmi ses écrits, les trois volumes de La technique et le temps, les deux volumes de De la misère symbolique, les trois volumes de Mécréance et Discrédit et les deux volumes de Constituer l’Europe sont particulièrement connus.


T.L. TAYLOR – LE JEU COMME UN SPECTACLE : LA DIFFUSION EN DIRECT, LES JEUX ÉLECTRONIQUES ET LA NOUVELLE DIFFUSION PUBLIQUE

Le partage de vidéos fait depuis longtemps partie intégrante d’Internet. De l’époque de CU-SeeMe et des webcams jusqu’à YouTube, les Internautes ont produit les uns pour les autres des contenus allant du montage ultra léché aux séquences brutes dénuées de montage. La diffusion en direct de parties de jeu en réseau et les spectateurs qui les suivent poursuivent cette tradition mais montre également une communauté qui cherche encore à comprendre ce que signifie le passage du jeu privé au jeu en public. Cette présentation étudie la diffusion en direct non seulement comme culture participative populaire, mais aussi comme plateforme média pour les entreprises. Des parties quotidiennes aux tournois à grande échelle, la diffusion en direct est l’expression d’une combinaison complexe de formes émergentes et traditionnelles de diffusion. En outre, des structures financières (publicité, partenariats, abonnements) et des régimes de propriété intellectuelle (propriété des jeux numériques) sous-tendent également le système et ont une influence majeure sur la façon dont la diffusion en direct se développe comme nouvel espace culturel et économique. Cette présentation étudie l’assemblage complexe de réseaux, de pratiques et de structures qui façonnent cette nouvelle forme de diffusion publique.

T.L. Taylor est professeure agrégée d’études comparatives des médias au MIT et chercheure consultante pour le Social Media Collective à Microsoft Research New England. Sociologue qualitative, elle étudie l’Internet et l’univers du jeu. Son travail porte sur les interrelations entre la culture, la pratique sociale et la technologie dans les environnements en ligne voués aux loisirs. Elle s’est exprimée et a écrit sur des sujets tels que le jeu en réseau et la vie sociale, les valeurs dans le domaine de la conception, la propriété intellectuelle, les pratiques de cocréation, les avatars, et les sexes et le jeu. Ses recherches les plus récentes concernent la professionnalisation du jeu vidéo et examinent l’essor de la scène du jeu compétitif de haut niveau et son public, ainsi que l’institutionnalisation croissante des sports électroniques. Elle travaille actuellement sur un projet qui traite des jeux et de la diffusion en direct. Pour en savoir plus sur T.L. Taylor et les textes qu’elle a publiés, consultez http://tltaylor.com.


JILLIAN C. YORK – DE TUNILEAKS À BASSEM YOUSSEF : LES MÉDIAS RÉVOLUTIONNAIRES DANS LE MONDE ARABE

Dans la foulée des révoltes populaires de 2011 en Égypte et en Tunisie, une foule de médias révolutionnaires en ligne ont vu le jour, donnant lieu à une culture de journalisme participatif indépendant dans des pays où le contrôle exercé par l’État avait longtemps réprimé la liberté de l’information. L’équilibre a maintenant changé et le prochain défi, pour ces médias, sera de créer un espace durable pour le débat démocratique.


Jillian C. York
est directrice chargée de la liberté d’expression internationale à l’Electronic Frontier Foundation (EFF), où son travail porte sur les droits des utilisateurs, la sécurité numérique et la réglementation d’Internet. Elle s’est souvent exprimée sur la censure et les médias dans le monde arabe et a récemment publié un chapitre sur les effets de l’affaire WikiLeaks dans cette région dans Beyond WikiLeaks: Implications for the Future of Communications, Journalism and Society. Elle est aussi chroniqueuse pour la version anglaise d’Al Jazeera et a écrit pour The Atlantic, Foreign Policy, CNN et Slate. Elle donne régulièrement des conférences publiques et on l’a récemment vue à South by Southwest, au Forum mondial de la démocratie de Strasbourg et au Mozilla Festival. Jillian fait partie du conseil d’administration de Global Voices Online et siège aux comités consultatifs de R-Shief et du Global Internet Policy Project.

Délégations de recherche

Avec les délégations de recherche, le colloque La Condition participative offre des possibilités de formation et de perfectionnement professionnel à des diplômés, des chercheurs postdoctoraux et de nouveaux chercheurs-boursiers. Cinq chercheurs de niveau doctoral et postdoctoral ont accepté d’agir à titre de délégués à la recherche et de diriger une équipe de chercheurs (composée de quatre à cinq étudiants et/ou praticiens des médias communautaires) dans le cadre de la partie du colloque qui leur a été attribuée.

Les membres des délégations de recherche devront :

  1. effectuer des recherches générales sur la partie du colloque qui leur a été attribuée et alimenter en informations le site Web et le blogue du colloque, le cours ouvert participatif en ligne (POOC), ainsi que les sites de médias sociaux avant, pendant et après l’événement;
  2. participer à l’ensemble du colloque et prendre des notes détaillées sur les séances auxquels ils participent;
  3. poser les premières questions officielles aux panélistes lors de la séance de questions-réponses avec l’auditoire;
  4. présenter un compte-rendu critique de la partie du colloque qui leur a été attribuée à l’occasion d’un séminaire post-colloque à l’Université McGill.

Les délégations de recherche seront également invitées à soumettre un texte qui sera évalué et révisé par leurs pairs en vue de sa publication sur le site Web de Média@McGill après le colloque.

Délégations de recherche :

Les périls de la participation I

Speakers: N. Katherine Hayles, Trebor Scholz, Geert Lovink
Délégué à la recherche : Adair Ronthwaite (McGill)
Membres de l’équipe : Rodrigo Davies (MIT); Maryse Ouellett (McGill); Christine Mitchell (Concordia)

Cette recherche portera principalement sur la question de savoir comment la participation est liée à la capacité d’agir dans les travaux de Katherine Hayles, Geert Lovink et Trebor Scholz. Ces trois auteurs se préoccupent de l’identification de la participation « authentique » qui autonomise les individus et les collectifs, dans un contexte culturel où la participation constitue un paradigme dominant de la discipline et de la productivité capitaliste. Comment pouvons-nous identifier la participation résistante ou populaire, compte tenu du fait que nos expériences affectives et nos facultés critiques sont façonnées par une participation compulsive non libératoire ? Ou bien la condition participative nécessite-t-elle une conception de la capacité d’agir qui dépasse la résistance et la conformité ? Notre analyse sera basée sur des blogues, des traductions externalisées, des projets communautaires financés par la collectivité et sur l’art contemporain.

Les périls de la participation II

Speakers: Nico Carpentier, Bernard Stiegler
Délégué à la recherche : Alessandro Delfanti (McGill)
Membres de l’équipe : Nathalie Casemajor (McGill); Stéphane Couture (McGill); Mauricio Delfin (McGill); Matt Goerzen (McGill); Molly Sauter (McGill)

Jeu, art et design

Speakers: Rudolf Frieling, Graham Pullin, T.L. Taylor, Mia Consalvo, Jason Lewis and Skawennati
Déléguée à la recherche : Erandy Vergara-Vargas (McGill)
Membres de l’équipe : Michael Lithgow (McGill); Heather Mills (McGill); Anne Pasek (McGill); Saelan Twerdy (McGill)

Publics et participation

Speakers: Kate Crawford, Bart Cammaerts, Christina Dunbar-Hester
Déléguée à la recherche : Gretchen King (McGill)
Membres de l’équipe : Stefanie Duguay (Oxford); Ali Karimi (McGill); Candace Mooers (CKUT 90.3 FM); Errol Salamon (McGill); Samine Tabatabaei (McGill)

Les journaux ont qualifié les changements politiques survenus en Tunisie et en Égypte en 2011 de révolutions « Twitter » ou « Facebook ». Cependant, une analyse plus sérieuse dépasse ce réductionnisme technologique en reconnaissant les limites de l’accessibilité d’Internet, qui est un préalable nécessaire à l’utilisation des médias sociaux. Cela est particulièrement vrai dans une région du monde où les gouvernements bloquent régulièrement les sites Web, ralentissent le trafic sur Internet et brouillent les transmissions par téléphone cellulaire pour réprimer la dissidence et l’organisation politiques. Le thème « Publics et participation » du colloque La condition participative est une occasion d’aborder la problématique de l’accessibilité, de la coopération et de la résistance au sein de ces plateformes et d’autres. Nous nous intéressons aux articulations anti hégémoniques des formes médiatisées de participation et d’activisme politiques dans des mouvements sociaux précis comme la grève étudiante de 2012 au Québec ou, plus récemment, le mouvement Idle No More. Notre délégation : 1) réfléchira au culturocentrisme sur lequel reposent les conceptualisations contemporaines de la participation; 2) examinera les limites des plateformes participatives chez divers publics et dans différents contextes; et 3) prendra en considération les formes invisibles ou illégitimes de participation ainsi que la manifestation de la non-participation.

Réglementation et surveillance

Speakers: Julie Cohen, Birgitta Jonsdottir, Jillian C. York, Christopher Soghoian, Marc Andrejevic
Délégué à la recherche : Ian Kalman (McGill)
Membre de l’équipe: Fiona Achi (McGill); Alex Dean Cybulski (Univ. de Toronto); Darcie Deangelo (McGill); Joshua Friesen (McGill); Samine Tabatabaei (McGill)

En tant que groupe, nous étudions ce qu’il advient du concept de surveillance une fois que celle-ci est participative. En mettant l’accent sur les modalités technologiques de la surveillance, ainsi que sur l’émergence de leur réglementation, de leur diffusion et de leur évaluation, nous examinons la répartition entre pouvoir et capacité d’agir en ce qui concerne les pratiques de surveillance et la manière dont la participation peut redéfinir l’équilibre entre activités hégémoniques et anti hégémoniques. En accordant une attention particulière aux façons dont ces pratiques s’étendent au-delà de leurs origines historiquement étatiques, nous nous questionnons sur la représentation et sur les frictions entre états et citoyens qui en résultent.



Comité du colloque

Prof. Darin Barney, Canada Research Chair in Technology and Citizenship, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Prof. Gabriella Coleman, Wolfe Chair in Scientific and Technological Literacy, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Prof. Christine Ross, James McGill Chair in Contemporary Art History et Directrice de Média@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Prof. Jonathan Sterne, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Dr. Tamar Tembeck, Attachée de recherche et développement, Media@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill



Équipe organisatrice

Prof. Christine Ross, James McGill Chair in Contemporary Art History et Directrice de Média@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Dr. Tamar Tembeck, Attachée de recherche et développement, Media@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Sophie Toupin, Administratrice de projet, Media@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Mary Chin, Coordonnatrice administrative, Media@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Caitlin Loney, Administratrice web, Media@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Justin Berot-Burns, Coordonnateur CMS, Media@McGill, Département d’Histoire de l’art et études en communication, Université McGill

Conor Prendergast, Design graphique

Mauricio Delfin, Médias sociaux

Partenaires

Partenaires du colloque Média@McGill: Conseil de recherches en sciences humaines du Canada; Musée d’art contemporain de Montréal; Fonds de développement du Doyen de la Faculté des Arts, Cycle de conférences du Département d’histoire de l’art et d’études en communications, Chaire de recherche du Canada en technologie et citoyenneté, Chaire James McGill en histoire de l’art contemporain, Chaire Wolfe en littératie scientifique et technologique, Centre pour l’étude de la citoyenneté démocratique, Institut d’études canadiennes, Institut genre, sexualité et féminisme, Institut pour la vie publique des arts et des idées, Université McGill; Hexagram-Concordia, Université Concordia