Aisthesis et le Commun: Reconfigurer l'Espace publique - conférencier.e.s et délégues de recherche

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Français

 

Dominique Cardon

« Internet et la représentation du commun » [FR]

 

Résumé: Les pratiques d’Internet ont donné une vitalité et une force nouvelle à l’idée du commun, du faire en commun et de la communauté. Dans cette communication, on se propose de retracer la trajectoire de cette figure dans l’histoire des pratiques numériques en revenant aux formes politiques qui ont été initiées par les pionniers du réseau pour opposer le commun à l’intérêt général. Les formes auto-organisées de Wikipédia, du logiciel libre et des communautés en réseau ont encouragé des modes de construction et d’appropriation collective originales du bien commun. Elles ont aussi installé des formes politiques réglées pour veiller sur les biens communs, distribuer l’autorité méritocratique au sein de la communauté et garantir son accessibilité à tous. On voudrait montrer comment cette forme de représentation du commun s’est appuyée sur une conception de « l’intelligence des foules » qui renvoient vers deux univers de signification, l’un substantiel, l’autre procédural. On souhaite proposer une interprétation sociologique de la manière dont ces idéaux ont rencontré les formes d’individuation des sociétés contemporaines et ont été mis à l’épreuve de la massification des usages d’Internet. Les formes collectives auxquelles s’identifient les individus ne doivent pas être porteuses de substance (de programmes, d’orientations, de visées idéologiques, d’un principe de sélection et de cadrage des informations à mettre à l’agenda…) mais régies par des procédures publiques, vérifiables et contrôlables. Mais, dans le même mouvement, les individus s’arrogent le monopole de définir substantiellement leurs centres d’intérêts, mais aussi ce qui constitue pour eux l’intérêt général.

Bio: Dominique Cardon est sociologue au Laboratoire des usages d’Orange Labs et professeur associé à l’Université de Marne la vallée. Ses travaux portent sur les usages d’Internet et les transformations de l’espace public numérique. Ses recherches récentes portent sur les réseaux sociaux de l’Internet, les formes d’identité en ligne, l’autoproduction amateur et l’analyse des formes de coopération et de gouvernance dans les grands collectifs en ligne. Il conduit aujourd’hui une analyse sociologique des algorithmes permettant d’organiser l’information sur le web. Il a dirigé la publication des numéros spéciaux de la revue Réseaux sur « les réseaux sociaux de l’Internet » (n° 152, décembre 2008), le « Web 2.0 » (n° 154, mars 2009), « Politique des algorithmes » (n° 177, avril 2013) et « Méthodes digitales » (n° 188, 2014). Il a publié La Démocratie Internet, Paris, Seuil/La République des idées, 2010, avec Fabien Granjon, Mediactivistes, Paris, Presses de Science po’, 2010 (2ème éd.  enrichie : 2013) et La Société des calculs, Paris, Seuil, 2015 (à paraître).

 

Carolyn Christov-Bakargiev

« On Love and Gardens: The Life of Art Exhibitions » [ENG – vidéoconférence]

« De l’amour et des jardins : La vie des expositions d’art »


Résumé: En 1945, Vita Sackville West écrivait : « … ainsi, en pleine guerre, des jardins je parle hardiment. » Quand est-ce que le jardinage ou la création d’expositions produisent-ils de la joie et constituent-ils une forme transformative et compostée de la politique de l’épanouissement, tant littéralement qu’à travers la vie des expositions, contre les expulsions qui caractérisent notre époque ? Cette présentation explore les gestes engagés, les actes de parole et les actions artistiques qui créent des lieux de porosité provisoires, avec des conséquences, plutôt que des espaces fermés d’expulsion. Avec des exemples de la dOCUMENTA (13), 2012, et de la 14e biennale d’Istanbul, 2015.

Bio: Carolyn Christov-Bakargiev enseigne à l’Université Northwestern au titre d’Edith Kreeger Wolf Distinguished Visiting Professor (2013-2015), et est chercheure invitée au Getty (2015). Elle a récemment été nommée directrice du Castello di Rivoli Museo d’Arte Contemporanea et de la GAM – Galleria Civica d’Arte Moderna e Contemporanea di Torino, où elle prendra ses fonctions le 1er janvier 2016. Elle a conçu SALTWATER. A Theory of Thought Forms, la 14e édition de la Biennale d’Istanbul (1er septembre au 1er novembre 2015). Auparavant, elle a été directrice artistique de la dOCUMENTA (13) (2012), directrice artistique de la 16e Biennale de Sydney, Revolutions—Forms That Turn (2008), et conservatrice en chef au PS1 Contemporary Art Center, une filiale du MoMA de New York, de 1999 à 2001.

 

Pierre Dardot

« Le sens du commun » [FR]

 

Résumé: « Commun » (au singulier) est le nom du principe politique en vertu duquel il n’est de co‑obligation (cum-munus) que celle qui procède de la co-activité, c’est-à-dire de la participation à une même tâche. Comme tel, il exclut que l’obligation politique trouve son fondement dans une appartenance donnée indépendamment de toute activité. La mise en œuvre de ce principe consiste dans des pratiques de mise en commun qui, sous des formes très diverses, réalisent l’institution de « communs » (au pluriel) : par « communs » il faut entendre non des choses (fleuve, forêt, terres, etc.), des contenus d’information ou de connaissance, ou encore des lieux (espace urbain, théâtre, centre social, etc.), définis les uns et les autres par leurs propriétés matérielles, mais le lien indissoluble entre telle chose, tel objet ou tel lieu, et l’activité du collectif qui, à chaque fois requis par cette chose, cet objet ou ce lieu, l’institue comme commun, le prend en charge et le fait vivre. Par conséquent, le sens qui anime ces pratiques n’est pas et ne peut être un « sens commun », mais seulement un sens du commun. Un tel sens n’est rien d’autre que l’effet affectif de la participation à une même activité et ne relève aucunement d’une quelconque « communauté affective ».

Bio: Pierre Dardot, né le 28 octobre 1952, est chercheur rattaché au laboratoire Sophiapol de l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense et professeur en classes préparatoires à Paris. Titres universitaires : Agrégation de philosophie (1980) et Doctorat en lettres et sciences humaines (philosophie) de l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense (1988). Animateur depuis 2004 du groupe d’études et de recherches « Question Marx » avec Christian Laval. Ouvrages : Sauver Marx ? (avec Christian Laval et El Mouhoub Mouhoud), La Découverte, 2007 ; La Nouvelle raison du monde (avec Christian Laval), La Découverte, 2009 ; Marx, prénom : Karl (avec Christian Laval), Gallimard, 2012 ; Commun (avec Christian Laval), La Découverte, 2014.

 

Adriana de Souza e Silva

“Creative Appropriations: Mobile Interfaces in Art, Games, and Education” [ENG]

(« Appropriations créatives : Les interfaces mobiles dans l’art, les jeux et l’éducation »)


Résumé: Les recherches sur l’utilisation de la technologie mobile dans les pays en développement ont souvent mis l’accent sur la façon dont les populations à faible revenu et aux ressources limitées adoptent la technologie et se l’approprient, soit pour le développement économique (Donner, 2009), soit pour détourner de façon créative ses utilisations prévues (de Souza e Silva, Sutko, Salis, et de Souza e Silva, 2011). Toutefois, les appropriations créatives de la technologie mobile ne sont pas limitées aux pauvres. Il existe, au Brésil, dans une communauté d’arts médiatiques et de gaming bien établie, des personnes qui, dès le début, ont adopté les technologies mobiles comme interface pour la création artistique. Par exemple, en 2001, Giselle Beiguelman a créé une série d’économiseurs d’écran pour téléphones mobiles appelée Wop Art. Et en 2005, la start-up M1nd Corporation a développé Alien Revolt, le premier jeu mobile de géolocalisation au Brésil (de Souza e Silva, 2008). En outre, plusieurs artistes et chercheurs tels que Claudio Bueno, Gilbertto Prado et Fabio Fon utilisent les technologies mobiles comme interface créative pour la création artistique.

En partant d’entretiens avec des chercheurs en communications mobiles et des artistes médiatiques parmi les plus en vue au Brésil, cette présentation se concentre sur les utilisations créatives des technologies mobiles dans les domaines de l’art, du jeu et de la recherche. Elle analyse les interrelations entre la technologie mobile, l’art et les espaces publics. Ce faisant, j’aborde les potentiels des espaces de mobilité en tant que nouveaux lieux pour les interventions créatives, la participation du public, l’interaction sociale et la politique.

Bio: Adriana de Souza e Silva est professeure agrégée au département de Communication et directrice du programme de Communication, rhétorique et médias numériques (CRDM) à l’Université North Carolina State (NCSU). Elle est également affiliée au centre de recherches en jeux numériques à NCSU. Les recherches de la docteure de Souza e Silva se concentrent sur la façon dont les interfaces mobiles et la géolocalisation influencent les interactions des gens avec les espaces publics et créent de nouvelles formes de sociabilité. Elle enseigne en Internet Studies et donne des cours sur les technologies mobiles et les jeux géolocalisés. Adriana de Souza e Silva est co-auteure (avec Eric Gordon) de Net-Locality: Why Location Matters in a Networked World (Blackwell, 2011), et (avec Jordan Frith) de Mobile Interfaces in Public Spaces: Control, Privacy, and Urban Sociability (Routledge, 2012). Elle est titulaire d’un doctorat en Communication et culture de l’Université fédérale de Rio de Janeiro, au Brésil.

 

Frances Dyson

“(Non)Economies of Sound: Experimental Sound and the Common” [ENG]

(« Les (non)économies du son : Le son expérimental et le commun »)


Résumé: En cette époque d’appropriation rapide de la sphère publique, ce qui était avant des espaces publics sont devenus des lieux de spectacle institutionnalisés, où la participation et l’engagement sont non seulement sévèrement restreints (pour ce qui est de l’accès aux sites et en leur sein), mais deviennent de plus en plus hors de portée de ceux qu’ils étaient destinés à divertir. Le prix au mètre carré est désormais le vecteur primordial dans la reconfiguration de l’espace public. Mais comment ce prix se traduit-il en terme de son ? Dans cette communication, je soutiens que l’art sonore et la musique expérimentale encouragent des formes d’organisation politique, économique et sociale qui peuvent résister à la sphère publique déracinée du néo-libéralisme. Tout comme la nature éphémère et atmosphérique du son circule en dehors des échanges, la (non)économie de la performance/art sonore et de la musique expérimentale live crée un domaine public relativement émancipé de la monétisation. En tant que telle, cette (non)économie offre une voie par laquelle les relations sociales peuvent être renégociées, par l’intermédiaire d’une praxis d’écoute ciblée qui affirme la politique et la condition existentielle du « en-commun ». De là, le mouvement vers une sensibilité partagée, un « communisme des sens » qui construit simultanément le sens, le commun et le sens commun, peut être possible. 

Bio: Frances Dyson est professeure émérite de Cinéma et d’études technoculturelles à l’Université de Californie, Davis, et professeure invitée à l’Institut national des arts expérimentaux à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud. Elle est l’auteure de The Tone of Our Times: Sound, Sense, Economy and Ecology (MIT Press, 2014), Sounding New Media: Immersion and Embodiment in the Arts and Culture (University of California Press, 2009), et du projet Web And then it was Now sur E.A.T., 9 Evenings et The Pavilion (fondation Daniel Langlois pour l’art, la science et la technologie, Montréal, 2007). Dyson a présenté ses installations/performances aux États-Unis, au Canada, au Japon et en Australie, et a régulièrement contribué à The Listening Room, le premier programme d’art sonore en Australie sur Australian Broadcasting Corporation. On trouve ses œuvres sonores à l’adresse http://www.somewhere.org/NAR/catalog/cataloglists/letters/artists_d-h.htm#dyson. Elle siège actuellement aux comités de rédaction d’Evental Aesthetics et CTheory (voir sa communication récente au http://pactac.net/video-archives/).

 

Gerald Goggin

“Disability Commons: Culture, Technology, and New Publics” [ENG]

(« Handicap commun : Culture, technologie et nouveaux publics »)


Résumé: Depuis quelques années, nous voyons surgir de nouvelles conceptions et relations du handicap à travers de nombreuses sociétés, lieux et environnements. On pourrait faire valoir qu’en particulier, les médias, la culture et l’art liés au handicap inventent et construisent de nouveaux mondes qui nous obligent à repenser radicalement nos conceptions de l’humain, du non humain, du corps et du social.

Dans cette présentation, je ferai dialoguer notamment les concepts émergents du handicap, de la culture et de la technologie avec les concepts organisationnels et interreliés de l’aisthesis et du commun. Je souhaite suggérer que le handicap offre un ensemble de ressources particulièrement riche et provocateur – ainsi que des impératifs certains – au projet de reconception du domaine public.

Je commencerai par explorer le concept de l’aisthesis du point de vue des Études critiques du handicap. L’invocation des sens, aux côtés de l’intellect, offre une indication importante : la prise en compte des dimensions et modalités sensorielles qu’entraîne la diversité des handicaps montre clairement que les théories traditionnelles de la sphère publique ne prennent encore que peu en compte la participation des personnes handicapées. Dans une architecture du domaine public implicitement communicative et culturelle, le passage du modèle décisionnel ou délibératoire à des idées telles que la sensibilité offre des possibilités très intéressantes. Je considère ainsi comment certains publics spécifiques – constitués par exemple de personnes Aveugles ou Sourdes, de personnes autistes, de personnes atteintes de troubles cognitifs, de troubles de santé mentale, ou de troubles épisodiques – pourraient être compris, et sont aux prises, avec des sensibilités particulières.

Ensuite, je passerai en revue des études de cas traitant des nouveaux types de perception qu’impliquent certains publics, en m’articulant à la croisée du handicap et de la technologie culturelle et numérique (ou ce qu’on appelle souvent « les espaces virtuels »). Encore relativement peu étudiées, il existe toutes sortes de façons, fascinantes, indirectes et suggestives, par lesquelles les innovations associées à l’appropriation des technologies numériques par les personnes en situation de handicap – à commencer par les premières plateformes Internet, évidentes aujourd’hui avec les médias mobiles, et s’étendant sur une large gamme de nouvelles technologies numériques – permettent d’actualiser des domaines publics justes et démocratiques.

Bio: Gerard Goggin est professeur de Médias et communications, et ARC Future Fellow à l’Université de Sydney. Il a publié de nombreux ouvrages sur la technologie numérique, les médias, la culture et le handicap. Il a écrit Digital Disability (2003; avec Christopher Newell), Cell Phone Culture (2006), Internationalizing Internet Studies (2009; avec Mark McLelland), Global Mobile Media (2010), Locative Media (2015; avec Rowan Wilken), Disability and the Media (2015; avec Katie Ellis). Il est actuellement en train de co-éditer le Routledge Handbook to Disability and Media (avec Beth Haller and Katie Ellis), et écrit un livre intitulé Disability and Listening (avec Cate Thill).

 

Romeo Gongora

« Repenser notre participation au monde. De Just Watch Me à Commun Commune » [FR]


Résumé: Lors de cette présentation, il s’agira d’explorer le concept d’espace commun par le survol de deux projets et leur synthèse. Just Watch Me, un projet qui converti une galerie en club social s’inspirant d’initiatives artistiques des années 60-70. Commun Commune, un laboratoire pour une expérience de vie en commune avec des inconnus pendant un mois et qui s’inspire des utopies québécoises et de la culture des communes des années 1970. Deux projets collaboratifs qui ont pour point commun d’ouvrir un espace de rencontre mais avec des modalités qui les distinguent.

www.clubjwm.com
Just Watch Me, un événement présenté et produit à la galerie d’art Leonard et Bina Ellen de Montréal

www.communcommune.org
Commune Commune, une œuvre en collaboration avec Angéline Desaulniers, Andréanne Martin, My Ta Trung, Camila et Cécilia Vasquez, et réalisé en coproduction avec 3e Impérial, centre d’essai en art actuel

Bio: Romeo Gongora (Canada/Guatemala) est un artiste visuel. En 2005, il a complété une maîtrise en arts médiatiques à l’UQÀM. Il est récipiendaire de nombreuses bourses et a présenté ses projets, entre autres, au Kin Art Studio (Kinshasa), HISK (Ghent), CAC (Lagos), The Office (Berlin) et Musée d’art Contemporain de Montréal. Récemment, il a été invité à travailler Aux Récollets (Paris), Centro de la Imagen (Mexico) et au Centre Culturel de Neumünster (Luxembourg). En 2007, il a débuté une résidence de deux ans au Rijksakademie van Beeldende Kunsten (Amsterdam) et, en 2009, il a représenté le Canada au Künstlerhaus Bethanien (Berlin).

« Je me considère comme un chercheur: ma finalité n’est pas un objet d’art, mais un projet de recherche se matérialisant sous une forme transdisciplinaire (performance, rencontres, écrits, installations, etc.). Mettant ainsi l’accent sur le processus plutôt que le produit final, mes travaux emploient le dialogue, l’empathie et la confiance comme une stratégie de production. Cette procédure implique une période de recherche en étroite collaboration avec différentes communautés. Le résultat est une œuvre in situ d’une intensité émotionnelle profonde qui vise à analyser les constructions socio-psychologiques d’un environnement physique et mental. »

 

Caleb Kelly

“Intervention and Isolation: Sound in Public Art Space” [ENG]

(« Intervention et isolement : Le son dans le lieu d’art public »)

 

Résumé: La galerie d’art a longtemps été considérée comme un environnement architectural pour la contemplation silencieuse de l’art visuel, mais de nombreuses interventions dans cet espace ont été tout sauf contemplatives. Des artistes, ayant ôté tout contenu visuel du lieu artistique, ont laissé un vide sonore dans la galerie. L’expectative d’une expérience visuelle ou, plus récemment, du divertissement dans le musée d’art, oblige un certain public à découvrir l’expérience esthétique dans des endroits inattendus. La présentation traitera des œuvres dans la galerie vide qui vont du silence le plus profond à un volume et à une présence physique miasmatiques.

S’attachant à l’art et à la musique dans l’espace public du cube blanc, la présentation se penchera sur Marco Fusinato (AUS), Bruce Nauman (USA), La Monte Young (USA), David Haines (AUS) et Joyce Hinterding (AUS), pour conduire à une conclusion bruyante.

Bio: Caleb Kelly est un universitaire, un organisateur d’événements et un commissaire qui travaille dans le domaine des arts sonores à UNSW: Australia à Sydney. Son champ de recherches porte sur le son dans les arts médiatiques et la musique expérimentale. Kelly est l’auteur de Cracked Media: The Sound of Malfunction (MIT Press) et l’éditeur de Sound (MIT Press and Whitechapel Gallery). Son prochain livre, Gallery Sound (Bloomsbury Academic), sera publié en 2016. En 2015, il a été professeur invité « Edgard Varèse » à la Technische Universität de Berlin.

 

Marsha Meskimmon

“Materializing Transversal Worlds: The Question of Cosmopolitan Public Art” [ENG]

(« Matérialiser les mondes transversaux : La question de l’art public cosmopolite »)

 

Résumé: Cette présentation explore la question d’un « art public cosmopolite » et du rôle qu’il pourrait jouer dans l’articulation des dynamiques intersectionnelles de la citoyenneté du monde au sein d’une culture publique de plus en plus mondialisée. Les débats sur la fonction de l’art public, le rôle des racines et la valeur des projets artistiques participatifs et/ou communautaires sont très répandus. De même, les utilisations plus traditionnelles de l’art dans les monuments, les monuments commémoratifs et les balises dans les espaces publics sont désormais accompagnées d’une grande variété de nouvelles formes d’art conçues pour intervenir dans le domaine public. Certaines utilisent des stratégies éphémères, performatives et/ou participatives pour remettre en question le concept de culture publique, tandis que d’autres cherchent à redéfinir les contours des « publics » de l’art ou passent à un « nouveau genre » d’art public.

Malgré cette diversité de pratiques, une grande partie du discours critique centré sur les formes contemporaines de l’art public reste résolument représentationnel. Par ceci, je ne veux pas dire qu’il est centré sur des œuvres d’art figuratives (représentatives), mais qu’il suppose que l’art fonctionne dans une logique de représentation et que l’art public « représente » ainsi (ou « ne parvient pas à représenter ») les identités collectives ou individuelles qui forment « le public ». Cette présentation veut s’éloigner des questions de réflexion et de représentation pour aller vers une analyse de « l’art public » comme force de diffraction, de matérialisation. L’exploration de l’idée que l’art public cosmopolite peut offrir le potentiel de matérialiser, plutôt que de représenter, des formes incarnées, transversales, de la citoyenneté, propose un rôle différent pour l’art/public, car il crée des mondes de l’intérieur.

Bio: Marsha Meskimmon est professeure d’Histoire et de théorie de l’art à l’Université de Loughborough (Royaume-Uni). Les recherches de Meskimmon se concentrent sur l’art contemporain transnational, et s’attachent particulièrement aux matérialismes corporels féministes, à l’éthique mondiale et à la cosmopolitique. Parmi ses publications, on trouve : The Art of Reflection: Women Artists’ Self-Portraiture in the Twentieth Century (1996), We Weren’t Modern Enough: Women Artists and the Limits of German Modernism (1999), Women Making Art: History, Subjectivity, Aesthetics (2003) et Contemporary Art and the Cosmopolitan Imagination (2010). Women, the Arts and Globalisation: Eccentric Experience (co-édité avec Dorothy Rowe) a été publié en 2013, et l’anthologie Home/Land: Women, Citizenship, Photographies (co-éditée avec Marion Arnold) sera publiée sous peu. Avec Amelia Jones, elle édite la série Rethinking Art’s Histories pour Manchester University Press, et avec Phil Sawdon, elle vient de terminer le livre Drawing Difference: Connections between Gender and Drawing (since the 1960s).


Nadia Myre

“The Scar Project” [ENG] (« Le projet Cicatrice »)

 

Résumé: Grattez la croûte et que voyez-vous ? Une histoire que vous aimez ? Une histoire que vous détestez ? Une histoire que vous avez trop peur de partager ou une histoire que vous ne pouvez cesser de raconter ? Qu’on les aime ou les déteste, nos histoires sont des plaies qui ont façonné et influencé nos vies. The Scar Project est une œuvre d’art participative qui a évolué et est passée dans différentes communautés de 2005 à 2013. Il s’agissait de reconnaître ces histoires, de les nommer et de les partager – les écouter, et, ce faisant, nous apporter amour et compassion les uns aux autres et à nous-mêmes.

Bio: Nadia Myre est une artiste visuelle du Québec et membre algonquine de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg. Pendant plus d’une décennie, sa pratique multidisciplinaire a été inspirée par l’implication des participants ainsi que les thèmes récurrents de l’identité, de la langue, de la nostalgie et de la perte. Myre est récipiendaire de nombreux prix et bourses, notamment : le prix artistique Sobey Art (2014), le prix Pratt & Whitney Canada Les Elles de l’art du Conseil des arts de Montréal (2011), le prix à la création artistique pour la région des Laurentides du Conseil des arts et des lettres du Québec (2009), et une bourse de recherche du Musée Eiteljorg (2003). The Scar Project a été sélectionné à la Biennale de Montréal en 2011, ainsi qu’à la Biennale de Sydney en 2012. Le travail de Myre a reçu les éloges du New York Times, du Monde, du Washington Post et du Devoir, et a été présenté dans ARTnews, American Craft Magazine, ETC, Parachute, Canadian Art, C Magazine, Monopol et ESSE.

 

Jean-Luc Nancy

« Le Sens commun : Essai de réinterprétation » [FR – via vidéoconférence]

 

Résumé: Comment le commun fait-il du sens ? de la sensation ? du sentiment ? du sens intelligible ?

Bio: Jean-Luc Nancy, professeur à l’Université de Strasbourg (France) et professeur invité dans des nombreuses Universités d’autres pays, a publié une centaine de livres consacrés en particulier aux thèmes de l’ « être-avec », des arts et de la littérature, de la « déconstruction du christianisme ».


Dietmar Offenhuber

“Mining the Public Sphere – Technologies of Transactionalization” [ENG]

(« Extraction du domaine publique – Technologies de la transactionalisation »)

 

Résumé: D’un point de vue économique, un bien public l’est car les gens ne peuvent être exclus de sa consommation, peu importe que ce soit pour des raisons idéologiques ou tout simplement pour des questions pratiques, faute de pouvoir faire autrement. Dans les services d’infrastructures, la capacité de mesurer la consommation individuelle est souvent un élément central qui détermine l’emplacement de la frontière entre le public et le privé. Les technologies telles que l’Internet des objets, les Bitcoins et les block-chains permettent de mesurer les consommations même infimes de tout service d’infrastructures, menaçant de transformer les biens publics traditionnels en biens purement privés. Dans ma présentation, je retracerai les contradictions entre ces tendances ainsi que la rhétorique envahissante de « l’économie de partage », tout en réévaluant la notion de biens communs dans la transactionalisation de la sphère publique.

Bio: Dietmar Offenhuber est professeur adjoint à l’Université Northeastern dans les départements d’Art + Design et de Public Policy. Il détient un doctorat en urbanisme du MIT, une maîtrise en arts et sciences des médias du MIT Media Lab, et un Dipl. Ing. en architecture de l’Université technique de Vienne. Dietmar a été chercheur principal à l’Institut autrichien Ludwig Boltzmann et au Ars Electronica Futurelab, ainsi que professeur dans le programme de Culture de l’interface à l’Université d’art de Linz, en Autriche.

Son domaine de recherches peut être décrit comme le design de la responsabilisation – et met l’accent sur la responsabilité politique de la conception visuelle dans la gouvernance urbaine et le discours civique. Dietmar a dirigé plusieurs projets de recherches sur les systèmes formels et informels de déchets et a publié des livres sur les données urbaines, les technologies de la responsabilisation et l’informatique urbaine. Sa thèse de doctorat a reçu en 2014 le Outstanding Dissertation Award du département d’Urbanisme du MIT, et en 2012, ses recherches lui ont mérité le Prix du meilleur article du Journal of the American Planning Association.

Dans sa pratique artistique, Dietmar collabore fréquemment avec l’artiste sonore Markus Decker et les compositeurs Sam Auinger et Hannes Strobl sous le nom de « stadtmusik ». Son travail artistique a été exposé à l’étranger, notamment au Centre Pompidou, à Sundance et au Festival international du film de Hong Kong, au ZKM de Karlsruhe, à la Secession de Vienne, et à la Biennale internationale d’arts médiatiques de Séoul. Au nombre de ses récompenses : le premier prix du NSF Visualization Challenge, le prix du jury au Festival international d’animation de Melbourne, le Art Directors Club Silver Award, une mention spéciale lors de la 12e Biennale internationale d’arts médiatiques WRO07 et des mentions honorifiques du File Festival, d’Ars Electronica et de Transmediale, Berlin.

 

Nikos Papastergiadis

“The Cosmopolitan Scene in Contemporary Art” [ENG]  

(« La Scène cosmopolite dans l’art contemporain »

 

Résumé: Les complexités de l’hybridité culturelle et de la mobilité des artistes dans la société contemporaine ont fait l’objet de beaucoup de louanges et de dérision. Je ferai valoir que la scène artistique fournit quelques aperçus d’un imaginaire cosmopolite. Toutefois, pour saisir les contours de cet imaginaire, nous devons aussi éclaircir une certaine confusion au sujet de la différence entre la mondialisation et la mondanité du cosmopolitisme.

La mondialisation se réfère à un programme d’intégration et d’unification. Dans un monde globalisé, tout finit par devenir semblable. C’est un régime qui assemble des pièces diverses et disparates, mesure leur valeur discrète selon un code standard, et coordonne leurs relations au sein d’un réseau étroitement lié. La standardisation apporte une certaine efficacité et une plus grande connectivité, non seulement dans les transactions commerciales, mais aussi dans le tracé des valeurs culturelles et des droits politiques. Le monde est plat et régulier, car toutes les relations entre le passé et l’avenir, proches et lointaines, étrangères et familières, doivent se soumettre au régime de l’intégration.

La mondanité du cosmopolitisme commence ailleurs et se déplace de différentes manières. Comme Axelos et d’autres l’affirment depuis les années 1950, le monde commence dans les rencontres imaginatives et créatives avec les autres, et ne conduit pas à des niveaux d’intégration plus lisses, mais inspire de nouvelles formes d’interaction et d’interprétation. L’art est un exemple primal d’activité créatrice de monde. Il fait vivre l’intelligence et la créativité à travers les rencontres productives de la différence.

Dans cette présentation, je vais explorer en quoi l’exposition de grande envergure est une activité créatrice de monde.

Bio: Nikos Papastergiadis est directeur de l’unité de recherche en Cultures publiques et professeur à l’école de Culture et communication à l’Université de Melbourne. Il a étudié à l’Université de Melbourne et à l’Université de Cambridge. Avant de retourner à Melbourne, il a été maître de conférences et Simon Fellow à l’Université de Manchester. Il a été consultant stratégique pour des organismes gouvernementaux sur les questions relatives à l’identité culturelle, et a travaillé sur des projets de collaboration avec des artistes et des théoriciens de renommée internationale, tels que John Berger, Jimmie Durham et Sonya Boyce. Ses recherches actuelles portent sur la transformation historique de l’art contemporain et des institutions culturelles par la technologie numérique. Il est membre du Australian Academy of the Humanities, boursier du Cambridge Commonwealth Trust, membre du Clare College à Cambridge, professeur invité de l’école d’art de l’Université de Tasmanie, membre du conseil consultatif de l’école d’art et d’architecture de l’Université de South Australia, et co-président du Greek Centre for Contemporary Culture.

 

Marjetica Potrč

“The Soweto Project: Ubuntu Park” [ENG] (« Le Projet Soweto : Ubuntu Park »)


Résumé: Pendant deux mois et demi au printemps 2014, les étudiants du cours de « Design pour le monde vivant » (Université des Beaux-Arts/HFBK, Hambourg, Allemagne) se sont engagés dans Le Projet Soweto à Soweto, en Afrique du Sud. Ce projet est un exemple de design participatif, où les élèves et la communauté planifient et réalisent le projet ensemble. Le projet dessine la communauté à l’aide d’objets relationnels et d’actions performatives, telles que la construction d’une plateforme de performance et l’organisation d’un festival de rue à Soweto. Ubuntu Park, à Orlando East, est un ancien espace public utilisé comme dépotoir depuis plus de 40 ans. Ensemble, la communauté et les étudiants ont nettoyé la zone et ont fait un certain nombre d’améliorations : ils ont construit une scène, des bancs, des tables et des stands de braai. Le 9 mars 2014, l’espace a été nommé Ubuntu Park. L’espace public est géré et organisé par la communauté, qui a élu le Comité d’Ubuntu Park et formé une organisation communautaire : Environ Ubuntu Park Projects. Le Projet Soweto est une initiative de Nine Urban Biotopes – Negotiating the Future of Urban Living. C’est une collaboration entre les étudiants du cours de « Design pour le monde vivant », les résidents d’Orlando East, morethanshelters Berlin, Planact Johannesburg, et le Goethe-Institut en Afrique du Sud.

www.designforthelivingworld.com/2013/04/15/soweto-the-soweto-project/www.urban-biotopes.net

Bio: Marjetica Potrč est une artiste et architecte qui vit à Ljubljana et à Berlin. Les œuvres de Potrč ont été exposées à travers l’Europe et les Amériques, notamment à la Biennale de Venise (1993, 2003, 2009) et à la Biennale de São Paulo (1996, 2006), et sont régulièrement diffusées à la galerie Nordenhake à Berlin. Au nombre de ses nombreux projets communautaires sur site, on compte : Dry Toilet (Caracas, 2003), The Cook, the Farmer, His Wife and Their Neighbour (Amsterdam, 2009) et Between the Waters (Essen, 2010). Depuis 2011, elle est professeure à l’Université des Beaux-Arts/HFBK à Hambourg, où elle enseigne le cours de « Design pour le monde vivant », dans lequel les étudiants développent des projets de design participatif lors de résidences longues. Le Projet Soweto (Soweto, Afrique du Sud, 2014) est une de leurs œuvres les plus récentes. De l’avis de Potrč, lorsque les communautés mettent en œuvre et disséminent des solutions durables, elles réussissent à la fois à se prendre en main et à créer une démocratie construite à partir de la base.


 

John Paul Ricco

“Edging, Drawing: Queer Spatial Praxis of the Common” [ENG]

(« Bordure, dessin : La praxis spatiale queer du commun »)

 

Résumé: Les corps sont des extrémités exorbitantes, et ne sont pas des entités « incarnées », encloses et discrètes. Ceci n’est qu’une des raisons pour lesquelles nous ne parlons pas d’un corps ayant un centre ou des marges. Ontologiquement parlant, toute chose matérielle-physique qui est ouverte et toujours au-delà de ses limites, est un corps. Ainsi, non seulement y a-t-il des corps inorganiques et non humains, tout comme il y a des corps humains, mais la question des corps et de comment ils en viennent à la matière et la signification, se passe dans ces zones indéterminées et indécidables où il est souvent impossible de savoir où un corps commence et où l’autre se termine. Edge (bordure) est le nom que nous pourrions donner à cet espace partagé, là où les corps participent à un sens de l’intimité de l’extérieur. Dans ma présentation, j’étudierai les œuvres de trois artistes contemporains : Francisco-Fernando Granados, Shaan Syed, et Sarah Kabot, chez lesquels une praxis performative du dessin retrace la ligne non-médiatrice de la bordure comme l’espace-temps du commun – son temps, sa tension, son extension. Dans l’exécution publique du tracé répétitif d’un profil (Granados), ou du portrait d’un amant perdu affiché dans les rues de la ville (Syed), ou lors de laquelle toutes les lignes dans une toilette publique sont décalées d’un demi-pouce (Kabot), ces œuvres à la lisière de la performance ouvrent des espaces autour des corps, des lieux et des choses. Des espaces qui sont virtuels plutôt que possibles, inopérants plutôt que productifs, anonymes plutôt qu’identitaires. Zones indéterminées mais jamais vides, ces bordures sont là où l’apparition et la disparition, le devenir et le malséant persistent comme les infinis incommensurables qu’ils sont. Le sens et l’expérience (aisthesis) du commun résident dans les plaisirs et les risques de nos affinités avec ces bordures.

Bio: Le travail de John Paul Ricco sur l’éthique et l’esthétique socio-sexuelles se place à la croisée de l’histoire de l’art, de la philosophie continentale, de la théorie queer et de l’architecture. Il est l’auteur de The Logic of the Lure (University of Chicago Press, 2003) – la première monographie publiée en théorie de l’histoire de l’art queer, et The Decision Between Us: Art & Ethics in the Time of Scenes (Chicago, 2014). Il termine actuellement un troisième livre de cette trilogie sur « l’intimité de l’extérieur », intitulée The Outside Not Beyond: Pornographic Faith and the Economy of the Eve. Ricco est professeur agrégé d’art contemporain, de théorie des médias et de la culture dans le département d’Études visuelles, et professeur d’études supérieures au Centre de littérature comparée de l’Université de Toronto. En 2015-16, il sera chercheur invité au Jackman Humanities Institute de l’Université de Toronto, où il poursuivra un projet de recherche sur « L’au-delà collectif des choses. »

 

Nermin Saybaşılı

“Magnetic Istanbul” [ENG] (« Istanbul magnétique »)

 

Résumé: La présentation propose la notion d’« Istanbul magnétique » en référence à Occupy Gezi et Sounds of Resistance (2014), une œuvre d’art sonore de l’artiste et musicien Erdem Helvacioğlu. La notion de « ville magnétique » correspond à une pratique spatiale qui combine espace et événements, subjectivité et mobilité, d’une manière très particulière. Transformant la ville toute entière en campement temporaire pour l’acte de résistance et le désir de libération, Occupy Gezi marque un changement de paradigme, en étant au centre de questions émergentes sur l’espace public, l’identité, la résidence, la sécurité, la liberté et la mobilité. De ce point de vue, la « ville magnétique » n’est pas un espace pour l’architecture gouvernementale, mais un lieu pour un sujet ayant une sphère d’activité particulière, excessive, avec d’autres dans l’espace, en créant une zone excédentaire qui opère à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la ville. Judith Butler a conceptualisé la résistance comme un « pouvoir performatif » en lien avec les exigences de l’action corporelle, du geste, du mouvement, de la congrégation, de la persévérance et de l’exposition à une violence possible. « Le magnétique » est la métaphore d’une force qui s’étend sur son énergie et sa créativité à travers un réseau de lieux et de personnes qui tracent l’invisible, l’inaudible, le temporel, le détachable, le connectable, le réversible et le modifiable. Comme Helvacioğlu l’a étudié dans son assemblage sonore, pendant la résistance, les sons, les voix et les corps sont animés au travers d’autres corps, sons et voix, se faisant mutuellement écho et se déplaçant constamment à travers les espaces. En outre, son œuvre, de par sa dimension sonore étendue et reproductible, augmente l’audibilité des scènes de résistance et permet de transposer la scène dans le contexte de la galerie.

Bio: Nermin Saybaşılı est professeure agrégée au département d’Histoire de l’art de l’Université des Beaux-Arts Mimar Sinan. Saybaşılı sera chercheure invitée à l’école des Arts de l’Université Columbia avec une bourse Fulbright, de septembre 2015 à septembre 2016. Parmi ses nombreux essais publiés dans des livres, des catalogues, des revues et des magazines, les publications les plus récentes de Saybaşılı comptent des chapitres dans Globalisation and Contemporary Art (Wiley-Blackwell), Mobility and Fantasy in Visual Culture (Routledge) et Uncommon Grounds: New Media and Critical Practices in North Africa and the Middle East (IB Tauris).

 

Santiago Zabala

“Emergency Through Aesthetics” [ENG] (« L’Urgence à travers l’esthétique »)

 

Résumé: Le but de ma présentation est d’introduire la fin de l’urgence à travers l’esthétique. La philosophie au 21e siècle ne sert pas à divulguer les urgences auxquelles nous sommes confrontés, mais plutôt celles qui nous font défaut. Voilà pourquoi Heidegger estimait que « la seule urgence est l’absence d’urgence. » Suivant sa distinction entre ceux qui nous mènent vers l’urgence, et ceux qui nous en éloignent, j’essaierai de décrire les ambitions esthétiques du communisme herméneutique grâce à des artistes comme Filippo Minelli, Jennifer Karady et d’autres.

Bio: Santiago Zabala est professeur de recherche en philosophie ICREA au département des Sciences humaines de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone. Il est l’auteur, entre autres, de The Hermeneutic Nature of Analytic Philosophy (2008), The Remains of Being (2009), Hermeneutic Communism (2011, avec G. Vattimo), tous publiés par Columbia University Press et traduits en plusieurs langues. Il a aussi édité The Future of Religion (2005), Weakening Philosophy (2007), Art’s Claim to Truth (2008), Consequences of Hermeneutics (2010), et Being Shaken (2014). Ses prochains livres sont Only Art Can Save Us et Being at Large. Il écrit aussi des chroniques pour le Guardian, le New York Times, Al-Jazeera, et The Los Angeles Review of Books.


Research Delegates

 

Camille Bréchignac is a recent graduate from McGill University. She completed a Bachelor of Arts in Art History, Philosophy, and Political Science. Her cosmopolitan background (Buenos-Aires, Paris, Montreal) and her polyvalent education informed her interest in the public sphere as an essential topic for discussion and debate. She is very interested in how contemporary art affects and is affected by societal trends. She is also passionate about contemporary art for its strong intellectual and conceptual component. Although she studies it, Camille also looks at the more practical side of art: she paints, draws and plays the piano since she is 5. Camille is now looking at English masters in curating contemporary art.

Hera Chan is a Montreal-based community journalist who has worked with the McGill Daily, the Media Co-op, CKUT Radio, and the Eastern Door. She is completing her BA in the departments of East Asian Studies and Art History, and works with local artist organizations. She directed the first annual Common Aliens: Diaspora Conference in Montreal with Atelier Céladon last fall which focused on a people of colour diasporic enunciation in contemporary art.  http://www.heraschan.com

Zoë De Luca is currently a PhD student in Art History at McGill University, Montreal. In 2013, she received an MA in Art History from University College London. She has previously held curatorial positions at the Queensland Art Gallery | Gallery of Modern Art, Brisbane, and worked as artist liaison in the private sector. Her research focuses on the potentialities of artists’ voices in contemporary art, primarily on the relationship between identity and vocality. She has published on contemporary art from the Asia Pacific, and in 2015 co-edited Personally, I’m most interested in the shapes and colours with Ludovik Vermeesch and Emily Doucet.

Sandra Evoughlian is currently completing her Master’s in Art History at McGill University. For her thesis project, she seeks to investigate contemporary artists who materially and infrastructurally act upon architecture through installations as a way to build and contest collective memory. Interested in questions around cultural heritage, co-creation, and knowledge transfer, Evoughlian has experience in public programming, including an internship at the Art Gallery of Ontario. She has also worked as a research assistant at McMaster University, and as an assistant curator of two exhibitions at McMaster Innovation Park.

Anastasia Howe Bukowski is currently pursuing an MA in Art History at McGill University. Her research interests include karaoke and other forms of amateur performance, the visual culture of athletics, and theorizations of listening and critical audition. Her writing has been published in KAPSULA and can be found in the Library and Media Archives of the CBC. She has penned exhibition texts for shows at 8-11 (Toronto) and Galerie CK2 (Montreal). Previously she has developed curatorial programming for the MUHC and collaborated on public education projects with the City of Toronto. She received a BA in Art History and Book and Media Studies from the University of Toronto.

jake moore is currently a PhD student in Art History, supervised by Dr. Christine Ross. Her research focuses on the rematerialization of the work of art and how shifting interpretations of materiality alter both access and perceived presence. As an artist and exhibition maker, her primary medium is space and its occupation, a notion extended to the production of text and academic practice. Her writing is published in both institutional and broadly public forms. Exhibition essays of note are; “It is a messy mouth”, Eliza Griffiths, and “look at what I am thinking, see what I am feeling” Valérie Blass. A book chapter for the YYZ publication, What is our role? : Artists in Academia and the Post-Knowledge Economy is forthcoming.