Les politiques des « geeks » et le mouvement Anonymous : de l’Offensive par Internet à la défense des droits de la personne

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colemanLe Département d'histoire de l'art et d'études en communications de McGill (dans le cadre de sa série de conférences) reçoit Gabriella Coleman experte en militantisme électronique, professeure adjointe au Département de médias, culture et communication à l'Université de New York et associée de l'Institut d'études avancées. Cette conférence est notamment commanditée par Média@McGill, le Centre des politiques en propriété intellectuelle et le Département d'anthropologie de l'Université McGill.

Le jeudi 3 mars 2011 à 17 h 30
Faculté des arts (salle W-215)
(carte), Université McGill

Intitulée 'Geek Politics and Anonymous: From the Offensive Internet to Human Rights Activism' (Les politiques des « geeks » et le mouvement Anonymous : de l'Offensive par Internet à la défense des droits de la personne), la conférence traitera des transformations et des tactiques liées au mouvement protestataire électronique connu sous le nom d'Anonymous. Empreint d'une aura de mystère, il semble que ce mouvement apparemment sans dirigeant propre ait joué un rôle dans le cadre de nombreuses activités électroniques au cours des dernières années. L'on prétend qu'Anonymous aurait notamment pris part aux protestations électorales de 2009 en Iran, à l'attaque par déni de service orchestrée par des défenseurs de Wikileaks et au récent piratage informatique du site Web du président égyptien assiégé Hosni Mubarak.

Au cours des trois dernières années, le mouvement Anonymous a notamment répandu des virus sur Internet et provoqué une protestation hautement ciblée contre l'Église de scientologie, laquelle a donné lieu à des registres à plus vaste échelle visant à protester contre la censure et attirant de ce fait de nombreux maniaques d'Internet et pirates informatiques en ses rangs, dont certains ont intégré l'arène politique pour la toute première fois. Dans le cadre de sa conférence, la professeure Coleman s'entretiendra des transformations et des tactiques relatives au mouvement protestataire électronique Anonymous, en vue d'en examiner les différentes facettes politiques et éthiques qui y sont liées, dont son organisation sociale rhizomatique, la façon dont il observe une éthique en matière de son attaque par déni de service, ainsi que les façons dont il est enraciné et s'engage dans le respect d'énoncés libéraux notamment l'anonymat et la liberté d'expression. La professeure Coleman discutera de nombreux théoriciens dont les travaux portent sur la politique culturelle de l'anonymat, le spectacle, la marchandisation de la dissidence, et l'appât, dans le but de saisir la portée politique et culturelle du mouvement Anonymous.

 

Biographie de Gabriella Coleman:

Formée en anthropologie, Gabriella Coleman se penche sur l'aspect éthique de la collaboration et des institutions électroniques ainsi que sur le rôle qu'occupent le droit et les médias numériques dans la préservation de diverses formes de militantisme politique, que l'on songe à Wikileaks ou aux protestations politiques chapeautées par les médias. Entre 2001 et 2003, la professeure Coleman a mené des recherches à caractère ethnographique sur les pirates informatiques à San Francisco et aux Pays-Bas et a réalisé des travaux sur les pirates qui travaillent sur Debian, le plus important projet de logiciel gratuit. Madame Coleman termine un ouvrage intitulé Coding Freedom: Hacker Pleasure and the Ethics of Free and Open Source Software et amorce un nouveau projet ayant trait au militantisme électronique pair-à-pair. Lauréate de nombreux prix et bourses - notamment de la Fondation nationale des sciences, de la Fondation Woodrow Wilson, de la Fondation Ford et du Conseil de recherches des sciences sociales - la professeure Coleman prend une année sabbatique et est rattachée à l'Institut d'études avancées à Princeton, au New Jersey, au cours de l'exercice 2010-2011.