Les médias sociaux et les mouvements sociaux au Moyen Orient et au Maghreb

Français
social_media_fr

L'enregistrement audio de cet événement est maintenant disponible.

Le vendredi 1 avril, à partir de 14h30, Média@McGill invite le public à un événement international gratuit (conférence d'ouverture et table ronde d'experts) au sujet des média sociaux et des mouvements sociaux au Moyen Orient et au Maghreb. L'événement aura lieu, en après-midi, à Thomson House, 3650 McTavish, Montréal. (carte)

À 14h30, Annabelle Sreberny présentera (en anglais) la conférence d'ouverture : Social Media and Social Movements: An exploration of the 'Green Movement' in Iran.

Résumé: Le développement du Mouvement Vert, après élections, en Iran apparu comme une totale surprise à plusieurs journalistes. Cependant, une analyse rigoureuse des interactions entre la politique en face à face et l'émergence des nouvelles formes de communications en Iran révèle une longue histoire de la compréhension des nouveaux médias et des difficultés à adopter des politiques traditionnelles. Navigant entre les deux positions extrêmes des cyber-utopistes et des cyber-pessimistes, cette conférence cherche à explorer et à démontrer l'environnement polymédia des jeunes Iraniens et la dynamique de la communication du Mouvement Vert.

Biographie: 

sreberny

Annabelle Sreberny est Professeure des médias et de la communication, ainsi que Directrice du « Centre for Media and Film Studies » à SOAS, Université de Londres, où elle est également chef du nouveau centre pour les études Iraniennes. Son nouveau livre, écrit en collaboration avec Gholam Khiabany, Blogistan:The Internet and Politics in Iran, vient de paraitre (2010) chez IBTauris. Elle est aussi présidente de l'IAMCR.

L'événement se poursuivra avec une table ronde à 15h30. Des experts invités vont examiner les relations entre les mouvements sociaux et les média sociaux lors des importants bouleversements qui se déroulent au Moyen Orient et au Maghreb.

Aziz Salmone Fall

Titre: Quand la révolution numérique et la révolution populaire ne font qu'une...

Résumé : Les autocraties séniles et répressives du Maghreb et du monde arabe vivent ces dernières semaines une vague de fonds révolutionnaire dont nous ne voyons que l'écume. Dans celle-ci les médias sociaux ont joué un rôle de premier plan, en n'étant pas que des relais ou des réactions au sacrifice de Bouzizi. La communication de pointe au service de l'interaction sociale pour le changement de l'ordre semble prendre le pas sur les autres formes d'organisation politico-sociale, dont on oublie à tort les sacrifices au nom de cooptations et compromissions qui ne caractérisent pas tout leur spectre. Devant la versatilité et l'ubiquité des toujours plus différentes formes de médias sociaux (forum Internets, Twitter, blog, vidéoblogs, etc.) le changement social s'organise surtout par la jeunesse. Comment des femmes comme la cyberactiviste Lina Ben Mheni ont pu défier la censure, comment Slim 404 ou azyz405 ont pu irradier la toile au point que l'un d'eux devienne le respectable ministre  Amamou dans le gouvernement de transition tunisien. Qui contrôle les grandes tendances de cette nébuleuse d'intelligence collective qui surclasse les média de masse et les partis politiques et terrifie tant les États ? Comment les tenants de l'ordre mondial tentent d'infléchir les trajectoires historiques des luttes en leur faveur ? Quel est le rôle véritable, direct ou indirect des gouvernements et des réseaux qui leur sont liés objectivement ou non dans ces transformations en cours ? Que dire de ces fondations à qui on donne (voire qui réclament) la paternité de ces formes de résistances victorieuses répercutées par les médias sociaux ? Comment les citoyens voyeurs qui encaissent et répercutent la nouvelle ou résolument s'engagent dans l'action virtuelle ou réelle peuvent faire advenir un ordre nouveau ou perpétuer l'actuel sous des formes renouvelées ? Les réponses diverses à ces enjeux sont des défis pour toutes les formations sociales de notre ère.

Biographie: Politologue a enseigné les relations internationales à McGill et l'UQAM. Il est ancien coordonnateur du réseau québécois contre l'apartheid et coordonne la campagne internationale contre l'impunité au Groupe de recherche et d'initiative pour la libération de l'Afrique qui a soutenu ces 20 dernières années l'opposition progressiste en Afrique du Nord. 

 

Fadi Hammoud

Résumé : Beaucoup de chroniqueurs à travers le monde ont exhalté le rôle des médias sociaux dans les révoltes du Monde Arabe. Certains sont allés même jusqu'à les décrire comme les révoltes Facebook. Mais quel a été le vrai rôle de ces médias sociaux ? Est-ce un moyen de communication, de mobilisation, ou un instigateur de révoltes ? C'est quoi vraiment la différence entre ces nouveaux moyens et les médias traditionnels ? Donc quelles sont les limites du rôle de ces médias ?

Biographie :'Je suis un journaliste indépendant établi à Montréal depuis 2003. J'ai travaillé au Liban comme journaliste depuis 1982 (quotidiens, hebdomadaires et télévisions). J'ai écrit en Arabe, Anglais et Français sur la plupart des pays et des conflits du Moyen Orient (Irak, Égypte, Tunisie, Iran, Soudan, Jordanie, Yémen, Bahreïn, etc.). J'ai été aussi invité à des conférences aux universités Laval, Université de Montréal, UQAM, UQAC et Ottawa, et j'ai été interviewé par RDI, CBC, CTV, TVA, LCN, parmi d'autres'.

 

Marc Raboy (modérateur), Professeur titulaire de la Chaire Beaverbrook en éthique, média et communication.