Media @ McGill

International Conference on Interdisciplinary Social Sciences, Greece

Submitted by Susana on
English

Claire Roberge -Doctorante

Département de l’histoire de l’art et des études en communication Université McGill, Montréal

Le modèle de ma présentation, The Question of Transnationality: What Kind of Answers ?, lors du colloque international en sciences sociales

[INTERNATIONAL CONFERENCE ON INTERDISCIPLINARY SOCIAL SCIENCES] était celui de l’atelier. C’est-à-dire que je présentais les lignes principales de mon sujet pour ensuite en discuter en groupe. Plusieurs universitaires de nombreux pays se sont rassemblés pour discuter de l’interdisciplinarité. Pour ma part, dans le cadre de mon atelier, j’ai présenté une perspective communicationnelle de l’interdisciplinarité dans la recherche. C’est-à-dire la tradition des études en communication à être d’emblée interdisciplinaire au niveau des mises en place théoriques des matérialités médiatisées ou non. Ce premier volet situait l’importance grandissante de l’expertise des chercheurs en communication dans les problématiques liées aux notions de globalisation et de transnationalité.

 

Quelques conférenciers principaux présentaient sur la question de l’interdisciplinarité autrement ; par exemple, Patrick Baert ou David Barton. Baert relevait l’importance de considérer l’apport de d’autres disciplines dans son domaine. Dans ce sens, il favorise une approche pragmatique signalant la nécessité de se distancier de ses propres a-prioris théoriques. «Self-referential knowledge needs to be set in the context of this pragmatist tradition, in which the pursuit of knowledge goes hand in hand with a responsability to bring about change. (Baert: 2005, 169)» Pour sa part, Barton constatait la présence d’un même concept, celui de « community of practices », dans plusieurs disciplines.

 

The concept of community of practice has been taken up and used by people working in many different areas. It has had an immediate appeal and perceived usefulness across a range of situations. Like any useful concept, people have used it in a variety of ways. Some have kept close to the original formulation, and some have developed it. Some have found it to be exactly what they want, and others have criticised it and identified its limitations, proposing alternatives (Barton et Tusting : 2005,3).

 

L’intérêt de ce propos de Barton participe d’une rigueur incontournable dans la description de concepts principaux dans une discipline. Lorsqu’un concept devient un terme dominant les problématiques socio-culturelles, économiques et politiques contemporaines, il est impératif d’en constater les différentes articulations dans les autres disciplines.

 

There are many reasons why the concept has been taken up so widely. It appears to rresolve some pervasive concerns of social sciences about learning. It presents a theory of learning which acknowledges networks and groups which are informal and not the same as formal structures. […] It is attractive as a middle-level theory between structure and agency which is applicable to and close to actual life and which resonates with detailed ethnographic accounts of how learning happens (Barton et Tusting: 2005, 3).

 

Un deuxième volet de ma présentation constatait la nécessité d’écrire un exercice de théorisation du passage entre deux lieux. Le descriptif de ma thèse inclue une théorie du passage et je voulais échanger à ce sujet lors de mon atelier. J’y ai donc présenté quelques passages décrits par différents auteurs ayant ajouté aux études transnationales, sans toutefois avoir précisé la territorialité en tant que telle. Dans le cadre de ma recherche, la dimension communicationnelle, de plus en plus évidente dans les problématiques actuelles, permet de situer les disponibilités du droit à communiquer selon les besoins locaux et la diversité de ses besoins aux niveaux socioculturel, économique et politique. L’impatience, à vouloir démontrer, chez plusieurs chercheurs, la conquête immanente des espaces, ne suffit pas à expliciter la réalité des visions sociales selon des localités variées. Dans ce sens, il est essentiel de réviser la question éthique par rapport à la reconnaissance de l’autre et de ses besoins.

 

Dans le cadre du colloque, INTERNATIONAL CONFERENCE ON INTERDISCIPLINARY SOCIAL SCIENCES , j’ai décrit les enchaînements de médiation technologique et de traduction culturelle présents dans un réseau transnational. La construction continue, dans un temps donné, d’une gouvernance de soi (c’est-à-dire d’une localité vis-à-vis soi-même et les autres) agit en rendant compte de nombreuses différences socioculturelles. Les relations Nord-Sud, mais de plus en plus surtout, les relations Sud-Sud, exigent de revoir les acquis antérieurs et de revisiter les éléments nécessaires à l’analyse descriptive de la localité (état, nation, institution, région, ville, regroupement, réseau, etc.) dans ses pratiques transnationales. Oui, le droit à communiquer est un élément essentiel dans la dynamique actuelle des problématiques de production et de distribution, mais, en sus, il faut participer de la connaissance de la communication. C’est-à-dire, pour une localité du Sud ou du Nord, savoir saisir ses possibilités, et les exercer en reconnaissant l’autre, est une caractéristique incontournable.

 

En discutant de l’interdisciplinarité et de ce droit à rendre compte d’une situation donnée, j’ai eu le plaisir d’échanger avec des aborigènes de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (eux-mêmes présentateurs durant la conférence). Je dois dire que leur commentaires sur les apports théoriques présentés étaient très pertinents. Ils questionnaient autrement, justement, cette dimension interdisciplinaire. Par exemple, un des passages discuté était celui mis en évidence par Bhabha, le In-Between. Pour une chercheure australienne, ce rapport de la relation dans une rencontre motivée par l’échange n’était pas réaliste car les situations d’exclusion des aborigènes ne rendaient définitivement pas compte d’un lieu favorisant une écoute égale dans une relation. Pour un chercheur de la Nouvelle-Zélande, il n’était pas possible de concevoir un post-colonialisme positif car le présent répond toujours des effets négatifs antérieurs datant de la colonisation. Il semble difficile alors de pouvoir réaliser de nouvelles appropriations; toutefois, il nuançait son propos puisqu’il constatait un transnationalisme interne mineur permettant de mettre en évidence les priorités dans les échanges entre aborigènes.

 

Ma participation à cette conférence a permis de présenter mes travaux de recherche au doctorat et de discuter de la pertinence de ceux-ci auprès de chercheurs interpellés par la question de l’interdisciplinarité dans des descriptions de la localité et de la culture.

 

Bibliographie sélective

 

BHABHA, Homi, « Culture’s In-Between », dans Stuart Hall et Paul du GAY, Questions of Cultural Identity, London, Sage Publications, 1996, p. 1-17.

Beyond Communities of Practices, Languages, Power, and Social Context, (éditeurs) David Barton et Karin Tusting, New-York, Cambridge University Press, 2005.

 

Baert, Patrick, Philosophy of the Social Sciences, towards pragmatism, Cambridge, Polity, 2005. Site Web de l’organisation de la conférence

 

International Conference on Interdisciplinarity, Social Sciences. University of Aegean, 18-22 Juillet, 2006. www.socialsciencesconference.com